Marché résidentiel : les Québécois gardent le cap

Par La rédaction | 31 mars 2026 | Dernière mise à jour le 30 mars 2026
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Une rue bordée de maisons.
bakerjarvis / iStock

Deux Québécois sur trois rêvent encore d’acheter une maison. Malgré la volatilité des marchés, la pression sur les finances personnelles et les incertitudes économiques qui s’accumulent, l’attrait de la propriété demeure intact dans la province. C’est l’un des constats de l’Enquête RBC du printemps sur les tendances du marché résidentiel, menée en janvier 2026 auprès de 360 Québécois.

Selon cette étude, 81 % des répondants québécois considèrent l’achat d’une propriété comme un jalon financier majeur dans une vie. Une large majorité y associe des valeurs fortes : l’indépendance financière pour 73 % d’entre eux, et un pilier essentiel pour leur avenir pour 62 %. Quant aux intentions concrètes, 31 % prévoient acquérir une maison ou une copropriété d’ici deux ans, une proportion stable par rapport à 2025.

« Malgré un marché complexe et incertain, le désir de devenir propriétaire reste très fort », observe Janet Boyle, première vice-présidente, Financement sur valeur nette immobilière à RBC. Elle note toutefois un changement d’attitude : les acheteurs cherchent moins à saisir rapidement une occasion qu’à prendre une décision éclairée.

LA PRUDENCE EST DE MISE

Cette évolution s’explique par un environnement jugé plus difficile. Près de la moitié des Québécois (44 %) estiment que la pression liée à l’achat d’une propriété est trop élevée. Ils sont aussi plus nombreux qu’auparavant à douter de leur capacité financière : 43 % disent se demander constamment s’ils peuvent se permettre d’acheter, une hausse notable par rapport à l’an dernier.

La perception du marché reflète également cette prudence. Près d’un répondant sur deux considère qu’il s’agit toujours d’un marché favorable aux vendeurs, tandis qu’une minorité y voit une occasion pour les acheteurs.

PRÊTS AUX COMPROMIS

À l’échelle canadienne, les aspirants propriétaires affichent une certaine détermination, mais au prix de concessions importantes. La majorité se dit plus près de concrétiser son projet et a déjà amorcé une stratégie d’épargne, avec un montant moyen de plus de 110 300 $.

Le recours au compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP) s’impose comme un outil clé, utilisé ou envisagé par 70 % des répondants.

Mais cette préparation ne dissipe pas toutes les inquiétudes. Deux tiers des acheteurs potentiels doutent du bon moment pour acheter et craignent de commettre une erreur. Plusieurs anticipent aussi des sacrifices :

  • retarder un projet familial,
  • demeurer plus longtemps chez leurs parents
  • ou cumuler les emplois.

Un autre obstacle demeure la compréhension du financement hypothécaire. Une proportion importante des répondants reconnaît ne pas bien connaître sa capacité d’emprunt ni les démarches nécessaires pour obtenir une approbation.

OUVERT À LA MOBILITÉ

Chez les propriétaires déjà établis, l’intérêt pour l’immobilier reste soutenu. Ceux qui envisagent d’acheter une nouvelle propriété continuent de voir ce type d’investissement d’un œil favorable.

Une majorité estime que les avantages de la propriété surpassent ses inconvénients, et plusieurs se disent prêts à adapter leur projet, notamment en s’éloignant des centres urbains pour accéder à une résidence plus grande.

La baisse des taux d’intérêt incite aussi certains à accélérer leurs démarches. Plus de quatre répondants sur dix envisagent d’acheter plus tôt que prévu pour profiter de conditions de financement plus favorables.

RENOUVELLEMENT : SOURCE D’INQUIÉTUDE

Si l’achat demeure une ambition forte, la gestion de la dette immobilière préoccupe de plus en plus de ménages. Au Québec, près de la moitié des propriétaires redoutent de ne pas pouvoir absorber les coûts liés à leur propriété.

Le moment du renouvellement hypothécaire cristallise ces inquiétudes : 37 % craignent de faire le mauvais choix, et plus d’un propriétaire sur deux estime avoir besoin de l’accompagnement d’un conseiller en prêts hypothécaires pour s’y retrouver.

« Bien qu’il soit impossible de prédire l’évolution du marché, il est tout à fait possible de prendre des décisions éclairées », souligne Brad Evjen, premier conseiller en prêts hypothécaires à RBC. Il insiste sur l’importance de considérer l’ensemble de sa situation financière (liquidités, endettement et objectifs à long terme) avant de trancher.

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La rédaction