Inflation, IA, conflits : comment se préparer à la suite ?

Par Nicolas Ritoux | 7 avril 2026 | Dernière mise à jour le 2 avril 2026
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Homme marchant loin.
Martin Barraud / iStock

Le secteur de l’énergie canadien place le pays parmi les « gagnants » du contexte macro-économique et géopolitique actuel, mais seulement à court terme, prévient Éric Morin, chef de la recherche mondiale pour Gestion d’actifs CIBC. 

 « Le conflit au Moyen-Orient est sans nul doute la plus grande source de risque actuellement. L’escalade des hostilités peut entraîner la destruction d’une partie de l’offre d’énergie en provenance de la région. Par exemple, les usines de gaz liquéfié du Qatar ont perdu 20 % de leur capacité de production pour les trois à cinq ans à venir. Cela va peser lourdement sur l’inflation à tel point que les plafonds ciblés par les banques centrales deviennent leurs planchers », commente Éric Morin. 

Dans ce contexte, mieux vaut se positionner du côté des gagnants, qui sont les pays producteurs d’énergie comme le Canada. 

Il y a aussi le thème majeur de l’intelligence artificielle ([IA], qui continue sa course malgré la guerre, rappelle l’expert. « Les investissements dans les infrastructures et les chaînes d’approvisionnement liées au développement de l’IA devraient continuer de soutenir la croissance mondiale », soutient-il.

Il rappelle également les engagements pris par de nombreux gouvernements en matière de dépenses militaires, qu’il qualifie de « vents porteurs pour la croissance des profits ». 

Si e secteur canadien de l’énergie offre de belles occasions à court terme, l’expert croit qu’à long terme, les prix élevés des marchés d’actions vont forcer les investisseurs à se diversifier géographiquement et à « réduire leur préférence nord-américaine ». 

« On s’attend à d’importants investissements en IA et en défense dans de nombreux marchés, sous l’impulsion des géants américains et chinois. Les retombées devraient se faire sentir dans plusieurs pays asiatiques comme la Corée du Sud et Taïwan, mais aussi en Amérique latine où sont produits plusieurs minéraux essentiels à l’IA », explique Éric Morin.

Il recommande en outre de se préparer à un affaiblissement du dollar américain à long terme. 

« L’incertitude liée au conflit au Moyen-Orient soutient pour l’instant le dollar, bien que celui-ci demeure fortement surévalué. Historiquement, la devise évolue par cycles de hausse et de baisse. La Réserve fédérale pourrait par ailleurs disposer d’une certaine marge de manœuvre pour réduire de nouveau ses taux, mais un resserrement de l’écart de croissance entre les États-Unis et le reste du monde devrait exercer une pression à la baisse sur le billet vert », dit Éric Morin. 

Raison de plus pour réduire son exposition à l’Amérique du Nord, mais pas trop non plus, tempère l’expert. 

« Les actions américaines sont certes surévaluées, mais les perspectives de profits des sociétés sont bien présentes. Les investisseurs devraient donc réduire leurs positions suffisamment pour atténuer le risque de change, mais sans pour autant nuire à leur potentiel de rendement », conclut-il.

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicholas Ritoux

Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.