Les infrastructures ont le vent en poupe

Par Nicolas Ritoux | 21 avril 2026 | Dernière mise à jour le 20 avril 2026
4 minutes de lecture
Voiliers filant sur l’eau au coucher du soleil, capturant la vitesse et l’élégance de la navigation.
Vladimir Drozdin / iStock

Les actions des sociétés de gestion d’infrastructures présentent des valorisations attrayantes au regard de leurs perspectives de profit, estime Andrew Maple-Brown, co-fondateur et gestionnaire de portefeuille chez Maple-Brown Abbott.

L’expert voit trois bonnes raisons de s’emballer pour les infrastructures :

  • les conditions macro-économiques : ce type d’actif tend à performer en période de ralentissement économique et de forte inflation.
  • la croissance des profits : les investissements en capital augmentent sur tous les fronts, qu’il s’agisse de réseaux électriques, de gestion des eaux, d’aéroports ou de routes à péage.
  • ces actions s’échangent, selon lui, à des prix « raisonnables » comparativement aux autres secteurs boursiers, et plus encore au regard des valorisations observées pour des actifs comparables sur les marchés privés.

« Les infrastructures profitent des thématiques dominantes de la transition énergétique et de la numérisation, notamment dans le segment électrique qui représente plus de 35 % de notre portefeuille », explique Andrew Maple-Brown. 

Il rapporte que les opérateurs américains s’attendraient à voir leur bénéfice par action croître de 6 % à 8 % par an dans les cinq prochaines années, contre 4 % à 6 % historiquement. « Leurs perspectives de profits sont encore plus nettes lorsqu’ils exploitent la production électrique en plus de la distribution, car cela les expose à d’importants investissements liés aux centres de données », précise-t-il 

L’expert souligne également l’intérêt des tours de télécommunications, des actifs de longue durée essentiels aux communications modernes. La consommation de données étant en constante progression, ce marché demeure protégé par d’importantes barrières à l’entrée. La construction de nouvelles infrastructures nécessite en effet de multiples permis, alors que de nombreuses collectivités s’y opposent. Dans ce contexte, ces titres présentent des valorisations jugées attrayantes, tant aux États-Unis qu’en Europe.

es infrastructures offrent généralement une bonne protection contre l’inflation, à condition que leurs flux de trésorerie soient peu volatils et indexés à la hausse des prix, comme c’est souvent le cas.

En Europe, par exemple, les routes à péage et les tours de télécommunications ajustent leurs tarifs en fonction des indices d’inflation officiels, précise l’expert. Ce mécanisme a contribué à protéger les portefeuilles lors des épisodes de forte inflation, notamment en 2022, alors que les marchés boursiers mondiaux reculaient d’environ 20 %.

Le principal risque à garder à l’esprit est de nature réglementaire, prévient-il. L’évaluation du cadre réglementaire occupe une place centrale dans l’analyse, notamment en ce qui a trait à la prévisibilité et à l’équité des régulateurs. Des écarts importants sont observés selon les régions, en fonction du niveau — national ou local — auquel s’exerce la réglementation, ainsi que des modes de nomination.

Dans certains États américains, où les régulateurs sont élus, un biais en faveur des consommateurs peut apparaître, ce qui introduit un certain niveau de risque. Dans ce contexte, une attention particulière est portée aux échanges avec les régulateurs, ainsi qu’aux mouvements de personnel et aux départs à la retraite, explique Andrew Maple-Brown. 

Environ la moitié de son portefeuille est composé d’infrastructures réglementées. Le reste se répartit entre des concessions de transport — routes à péage, aéroports, voies ferrées — (25 %) et des services liés à des contrats de long terme, comme les réseaux hydrauliques et les tours de télécommunications (25 %).

La majorité des investissements est concentrée en Amérique du Nord, avec une présence également en Europe et en Asie.

« Nous sommes légèrement surpondérés du côté du Royaume-Uni, car on y trouve de solides protections réglementaires contre l’inflation, et de l’Europe occidentale, car leurs infrastructures de transports et les télécommunications s’échangent à des prix attractifs », révèle l’expert. 

Du point de vue sectoriel, l’expert avoue être surpondéré dans les services de gestion des eaux. « Ils ont souvent d’importants besoins en investissement qui se traduisent par une forte croissance sur de très longues périodes ; et contrairement aux réseaux électriques, ils ne risquent pas d’être perturbés par des changements technologiques. Dans 100 ans, les gens auront toujours le même besoin de recevoir de l’eau traitée et de se débarrasser de leurs eaux usées ! »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion globale d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicholas Ritoux

Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.