La diversification mondiale reprend de l’élan

Par Noushin Ziafati | 7 mai 2026 | Dernière mise à jour le 6 mai 2026
4 minutes de lecture
Trois conteneurs maritimes suspendus par des chaînes, décorés des drapeaux du Canada, des États-Unis et du Mexique, symbolisant le commerce international et les relations économiques entre l’Amérique du Nord.
:wildpixel / iStock

Pendant des années, les actions américaines à très grande capitalisation ont dominé les rendements dans les portefeuilles des investisseurs nord-américains. Aujourd’hui, Franklin Templeton estime qu’il existe un argument solide en faveur d’une diversification accrue à l’échelle mondiale, en raison des différences entre les cycles de politique monétaire, les compositions sectorielles et les moteurs de croissance structurels selon les régions.

En comparant l’indice S&P 500 à l’indice iShares MSCI ACWI ex U.S., le marché boursier américain a sous-performé les marchés internationaux de 18 points de pourcentage en 2025, a relevé Dina Ting, vice-présidente principale et responsable de la gestion des portefeuilles indiciels mondiaux chez Franklin Templeton, lors d’un événement tenu à Toronto le 4 mars.

Un élargissement du marché est également en cours aux États-Unis, les rendements devenant moins concentrés autour des grandes valeurs technologiques connues sous le nom de « Sept Magnifiques ».

Parallèlement, on observe une dispersion croissante des rendements entre les pays les plus performants et les moins performants. Selon Dina Ting, cela met en évidence l’intérêt d’analyser les données par pays afin de mieux cerner les occasions d’investissement.

Historiquement, l’écart entre les marchés les plus performants et les moins performants se situait entre 40 et 60 points de pourcentage. En 2025, cet écart s’est élargi à 100 points, en raison notamment des solides gains en Corée du Sud (+96 %) par rapport aux reculs en Arabie saoudite (-7,5 %), selon les indices FTSE Russell RIC plafonnés.

« Les marchés n’évoluent plus de manière synchronisée », a-t-elle commenté. Et bien que les États-Unis soient perçus comme une valeur refuge, leur croissance économique annuelle, en pourcentage, restera toujours inférieure à celle d’économies plus petites et plus dynamiques.

« Cela met en évidence les possibilités offertes par la dispersion des rendements pour construire un portefeuille plus résilient. »

Parmi les facteurs clés à considérer dans l’évaluation des occasions d’investissement mondiales figurent :

  • la position d’un pays dans son cycle monétaire, qui influence le coût des affaires,
  • sa démographie, qui peut soutenir ou freiner la croissance économique,
  • ainsi que ses relations commerciales, dans un contexte où les tensions tarifaires occupent une place centrale sous l’administration du président américain Donald Trump.

« Dans ce contexte, il est très important de réfléchir à des pondérations ciblées par pays, au-delà d’une simple exposition aux marchés globaux, afin de capter la prochaine vague de leadership », a souligné Dina Ting.

OCCASIONS D’INVESTISSEMENT À L’ÉCHELLE MONDIALE

Franklin Templeton identifie actuellement plusieurs pays offrant des occasions d’investissement, notamment :

  • le Royaume-Uni,
  • le Mexique,
  • le Brésil
  • et la Chine.

Concernant le Royaume-Uni, Dina Ting estime que le pays pourrait jouer un rôle de chef de file en Europe dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes. De plus, le marché boursier britannique présente aujourd’hui une corrélation nettement plus faible avec le marché américain (en baisse de 57 % au cours des trois dernières années, selon Franklin Templeton).

Le Mexique, pour sa part, s’est imposé comme un important pôle manufacturier et un fournisseur clé en raison de sa proximité avec les États-Unis. Selon l’issue de la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), la croissance des exportations et la stabilité commerciale du pays pourraient s’améliorer.

Le Brésil est déjà un acteur majeur du commerce mondial grâce à ses exportations de soja, soutenues par une forte demande chinoise. Par ailleurs, grâce à ses investissements dans les énergies renouvelables, il pourrait devenir un pôle d’électrification alimentant les centres de données liés à l’intelligence artificielle en Amérique latine.

Quant à la Chine, malgré des périodes de sous-performance et un ralentissement de la croissance ces dernières années, Dina Ting souligne que le pays a démontré sa capacité à diversifier ses exportations au-delà des États-Unis, affichant un excédent commercial record de 1 200 milliards de dollars américains en 2025, une « année difficile » marquée par les tensions commerciales.

« Nous avons observé des flux vers certains de ces pays », a-t-elle indiqué. Au-delà de la Chine, d’autres pays asiatiques pourraient porter la prochaine phase de leadership, notamment Taïwan, le Japon, l’Inde et la Corée du Sud.

Taïwan se distingue particulièrement par ses capacités avancées de fabrication de semi-conducteurs, toujours supérieures à celles d’autres pays malgré des investissements massifs pour rivaliser.

Le Japon cherche pour sa part à améliorer son ratio dette/PIB. Ancien leader mondial dans la fabrication de semi-conducteurs, le pays s’efforce de regagner sa position, bénéficiant notamment de son expertise en équipements de test et en matériaux.

L’Inde présente un avantage démographique grâce à sa population jeune et à des droits de douane relativement faibles imposés par les États-Unis. Le pays tente également de renforcer son secteur manufacturier, notamment dans un contexte de tensions entre les États-Unis et la Chine.

Enfin, la Corée du Sud est un acteur clé dans la production de semi-conducteurs et domine le marché de la mémoire à large bande passante, avec Samsung Electronics et SK Hynix Inc. contrôlant environ 90 % de la production mondiale. Ces entreprises sont des fournisseurs majeurs pour des leaders de l’intelligence artificielle comme Nvidia Corporation. Le pays s’est également hissé parmi les dix principaux exportateurs mondiaux de matériel de défense, un secteur en croissance dans le contexte géopolitique actuel, et affiche des succès dans d’autres domaines, notamment le divertissement et l’alimentation.

« Les occasions sont très spécifiques à chaque pays, c’est pourquoi des stratégies ciblées par pays peuvent être bénéfiques pour l’ensemble d’un portefeuille », a conclu Dina Ting.

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Noushin Ziafati

Noushin Ziafati est rédactrice en chef adjointe de Advisor.ca depuis 2024. Auparavant, elle a travaillé pour la CBC, La Presse Canadienne, CTV News, Telegraph-Journal et Chronicle Herald.