Actions, obligations, IA : les clés d’un portefeuille équilibré en 2026

Par La rédaction | 6 mars 2026 | Dernière mise à jour le 5 mars 2026
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Homme d'affaires en équilibre sur une corde raide au-dessus de la ville.
DNY59 / iStock

Après trois années où l’indice S&P 500 a enchaîné des rendements supérieurs à 10 %, les investisseurs abordent 2026 avec un mélange de confiance et de prudence. Les valorisations demeurent élevées, l’économie mondiale reste fragmentée, et les occasions ne se concentrent plus uniquement aux États-Unis ni dans la technologie. Dans ce contexte, Capital Group identifie cinq facteurs susceptibles de façonner les marchés.

Le mot-clé : équilibre. « Cela signifie qu’il faut investir dans les marchés tant américains qu’internationaux, les titres de croissance et de valeur, les tendances cycliques et à long terme, de même que les actions et les obligations », souligne Martin Romo, président du conseil et directeur du placement à Capital Group, ainsi que gestionnaire de portefeuille du Fonds Capital Group actions américaines (Canada).

DES PLANS DE RELANCE AUDACIEUX

L’un des signaux les plus marquants pour 2026 est l’ampleur des politiques de relance à l’échelle planétaire. Confrontés au ralentissement de la croissance et à la montée des barrières commerciales, les gouvernements multiplient les engagements en matière d’infrastructures et de dépenses publiques.

Aux États-Unis, la baisse des coûts d’emprunt pourrait soutenir le logement, l’emploi dans la construction et les secteurs liés aux matériaux, selon Cheryl Frank, gestionnaire de portefeuille d’actions. La déréglementation et certaines mesures législatives favorisant la production manufacturière pourraient également stimuler l’activité bancaire et industrielle.

Au Canada, le gouvernement mise sur l’attraction de capitaux internationaux pour financer de grands projets d’infrastructure, notamment dans les secteurs énergétique et portuaire. En Europe, l’Allemagne a annoncé un vaste programme d’investissements de 500 milliards d’euros dans les infrastructures et la défense. Les alliés de l’OTAN, dont le Canada, ont aussi pris des engagements accrus en matière de dépenses militaires.

Ces mesures ouvrent des perspectives pour certains secteurs, mais elles ne sont pas sans risques : l’endettement public et les pressions inflationnistes pourraient s’intensifier.

UNE FED PLUS ACCOMMODANTE

Deuxième élément structurant : la trajectoire des taux d’intérêt américains. Malgré une inflation persistante, un ralentissement du marché de l’emploi pourrait inciter la Réserve fédérale (Fed) à abaisser ses taux en 2026.

Pramod Atluri, gestionnaire de portefeuille, rappelle que l’évolution du marché du travail demeure centrale pour la Fed. « Le grand argentier se préoccupe beaucoup du secteur du travail, car son affaiblissement entraîne normalement un ralentissement de l’économie », affirme-t-il. Il estime que le taux des fonds fédéraux pourrait avoisiner 3 % à la fin de 2026, un niveau qu’il juge neutre pour la croissance.

Historiquement, les cycles d’assouplissement monétaire sans récession ont été favorables aux actions et aux obligations, même s’ils pèsent sur les liquidités. La question demeure toutefois ouverte : l’économie américaine ralentira-t-elle ou surprendra-t-elle à la hausse malgré un marché du travail plus mou ?

BÉNÉFICES DES ENTREPRISES : REBOND ATTENDU

Troisième moteur potentiel : la progression des bénéfices des entreprises. Après une année marquée par l’incertitude tarifaire, les perspectives s’améliorent, soutenues par la baisse des taux, les plans de relance et des accords commerciaux récents.

Les marchés émergents pourraient afficher la croissance des bénéfices la plus forte, avec une hausse estimée à 18,1 %, contre environ 14,9 % aux États-Unis et 11,1 % en Europe.

Pour Diana Wagner, gestionnaire de portefeuille d’actions, la dynamique ne se limite plus à la technologie. Les secteurs industriels, financiers et de la consommation discrétionnaire pourraient également contribuer à la croissance des profits. « Il y a de nombreux facteurs encourageants du point de vue macroéconomique, mais au bout du compte, la croissance des bénéfices des sociétés importera le plus », affirme-t-elle.

IA : BOOM, BULLE OU LES DEUX À LA FOIS ?

La question de la valorisation des sociétés liées à l’intelligence artificielle (IA) demeure centrale. L’envolée des titres rappelle à certains l’époque des sociétés point-coms. Christopher Buchbinder, gestionnaire de portefeuille du Fonds Capital Group actions américaines (Canada), estime toutefois que la comparaison a ses limites.

« Selon moi, nous nous situons plus près de 1998 que de 2000 », avance-t-il. Il reconnaît qu’une bulle pourrait éventuellement émerger, mais considère que la forte croissance des bénéfices des chefs de file actuels et leur capacité financière à soutenir des investissements massifs en capital distinguent la situation actuelle de celle de la fin des années 1990.

D’après lui, il serait prématuré de se retirer d’un secteur porté par une transformation technologique majeure.

INVESTIR MALGRÉ LES CRISES

Enfin, Capital Group rappelle qu’il existe constamment des motifs de demeurer en marge des marchés : pandémie, guerres, inflation, tensions commerciales. Pourtant, les marchés ont démontré à maintes reprises leur résilience.

En 2025, malgré une chute temporaire liée à des hausses de droits de douane américains, le S&P 500 a terminé l’année en forte progression après un rebond marqué.

« En ce début d’année, j’éprouve à la fois de l’enthousiasme et un certain malaise », confie Martin Romo. Il évoque une période de transformation technologique et géopolitique profonde, tout en rappelant une maxime interne : « Il n’y a jamais eu de bon moment pour investir ».

La leçon, conclut le gestionnaire, est intemporelle : les marchés traversent les crises, et les investisseurs qui maintiennent le cap sur leurs objectifs à long terme sont souvent récompensés.

Pour 2026, l’enjeu ne sera peut-être pas de prédire l’imprévisible, mais de bâtir des portefeuilles capables d’absorber la volatilité, tout en profitant des transformations structurelles à l’œuvre.

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La rédaction