Chèque de 250 $ : le NPD s’oppose à Justin Trudeau

Par La Presse Canadienne | 27 novembre 2024 | Dernière mise à jour le 26 novembre 2024
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Chèque de 250 $ : le NPD s’oppose à Justin Trudeau
Dilok Klaisataporn / iStock

Les aînés devraient recevoir le chèque de 250 $ que le gouvernement libéral de Justin Trudeau compte envoyer ce printemps, insistent le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Bloc québécois.

« C’est une vraie gifle ! Pourquoi les libéraux excluent-ils les gens les plus vulnérables ? » a lancé, lundi, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh, lors de la période des questions à la Chambre des communes.

En point de presse, Jagmeet Singh a expliqué que son parti avait annoncé être favorable à cette mesure et au congé de TPS du 14 décembre au 15 février sur la foi d’informations inexactes des libéraux. « On nous a dit que quiconque qui gagne moins de 150 000 $ le recevrait (le chèque). Nous présumions que ça inclurait les aînés, les personnes handicapées et les étudiants », a-t-il dit.

Jagmeet Singh propose désormais que le Parlement vote séparément sur les deux mesures. Le congé de TPS pourrait être adopté « immédiatement cette semaine », et les chèques lorsque la situation sera « réglée ». Il n’est pas clair que les libéraux acceptent cette proposition.

Appelé à clarifier si le NPD, qui détient la balance du pouvoir, fera de l’inclusion des aînés une condition sine qua non de son appui, le chef adjoint Alexandre Boulerice a simplement répondu que le parti « va pousser » puisque « la mesure actuelle ne fait aucun sens ».

LE BLOC ENVISAGE D’APPUYER

Au Bloc, le chef Yves-François Blanchet a prévenu que pour espérer obtenir son appui, le gouvernement devra nécessairement s’assurer que « les gens qui ont travaillé toute leur vie » ne soient pas exclus. Son entourage a précisé qu’avec un tel changement, la formation politique serait « a priori » favorable.

En Chambre, il s’est lui aussi indigné que le gouvernement « abandonne ceux qui ont vraiment besoin d’aide », sans compter que même les « millionnaires » profiteront du congé de TPS.

À cela, la ministre des Finances, Chrystia Freeland, a répondu que le gouvernement partage ces préoccupations et qu’il a « appuyé plus les aînés partout au Canada qu’aucun autre gouvernement fédéral ».

« Cette année, les aînés canadiens recevront 48 milliards de dollars d’appui du côté du fédéral. Et c’est juste. Parce qu’ils le méritent », a-t-elle poursuivi, notant au passage que les aînés qui ont gagné des revenus de travail de moins de 150 000 $ en 2023 seront admissibles, comme leurs concitoyens.

Yves-François Blanchet a proposé que le gouvernement joue sur le seuil de ceux qui ont accès au chèque pour en donner à « ceux qui en ont vraiment besoin », dont les retraités, au même coût global.

Le lieutenant politique de Justin Trudeau pour le Québec, Jean-Yves Duclos, a envoyé qu’« aucun » gouvernement fédéral n’en a fait autant pour les aînés que le sien. 

« C’est une des raisons pour lesquelles le taux de pauvreté des aînés a chuté de 20 % depuis 2015, a-t-il dit. Si nous avions écouté les conservateurs, malheureusement souvent appuyés par les bloquistes, nous n’aurions pas ramené l’âge d’admissibilité aux pensions de vieillesse à 65 ans, ce qui veut dire qu’en ce moment il y aurait […] en fait 100 000 aînés […] qui ne vivraient pas dans la pauvreté, mais dans la misère. »

« GRINCHEUX »

Le chef conservateur Pierre Poilievre — que les libéraux ont traité de « grincheux » puisqu’il laisse entendre qu’il ne veut rien savoir du rabais de TPS et du chèque de 250 $ — a dénoncé « un tour de passe-passe » où les citoyens économiseront avec le rabais de taxe « 10 sous sur un sac de chips ».

Il a reproché au Bloc de n’avoir « rien » obtenu pour les aînés et a qualifié Yves-François Blanchet de « grand parleur, petit faiseur ».

La ministre Freeland ne s’est pas fait prier pour lui rendre la monnaie de sa pièce. « Aujourd’hui, on pose vraiment la question : qui est le grand parleur et qui est le grand faiseur ? » a-t-elle envoyé.

Les aînés québécois, eux, ont « l’impression que le gouvernement fédéral les a laissés tomber (…) encore une fois », a affirmé en entrevue avec La Presse Canadienne la présidente du réseau FADOQ, Gisèle Tassé-Goodman.

« Les aînés sont désabusés, sont mécontents », a-t-elle insisté, notant qu’ils « ont payé leurs taxes (et) leurs impôts toute leur vie, ils continuent à contribuer à la société de plusieurs façons (…) en tant que bénévole, en tant que proche aidant ou encore comme grand-parent »

Elle a prévenu que ses « près de 600 000 membres » pourraient « absolument » transformer cette frustration en vote le temps venu.

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