La volatilité profite à la gestion active

Par Nicolas Ritoux | 24 mars 2026 | Dernière mise à jour le 20 mars 2026
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Un graphique de la Bourse présentant de la volatilité.
primeimages / iStock

L’art de la sélection de titres devient un levier clé dans un contexte d’incertitude macroéconomique, affirme Catharine Sterritt, gestionnaire de portefeuille principale, actions canadiennes, Gestion d’actifs CIBC. 

« Nous faisons face à un nombre extraordinaire de perturbations dans les marchés d’actions. Les tensions géopolitiques en Iran et en Ukraine pèsent sur les prix du pétrole et génèrent des pressions inflationnistes, avec des conséquences probables sur les taux d’intérêt. Pendant ce temps, l’intelligence artificielle menace de bouleverser plusieurs secteurs de l’économie et d’y laisser d’un côté des gagnants et de l’autre des perdants », observe Catharine Sterritt. 

Pour se protéger, rien ne vaut la diversification, mais elle doit s’accompagner d’une sélection rigoureuse des titres selon une approche ascendante, en identifiant les facteurs susceptibles de les isoler de l’environnement macroéconomique, soutient l’experte.

Elle s’intéresse notamment aux sociétés qui envisagent des fusions et acquisitions pour étendre leur gamme de produits, ainsi qu’à celles appelées à bénéficier de tendances de fond, comme le développement de l’énergie nucléaire.

« Certaines tensions géopolitiques pourraient se résorber d’ici quelques mois, mais d’autres risques pourraient apparaître, notamment avec la renégociation de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique, ou les élections américaines de mi-mandat », entrevoit-elle. 

Les actions canadiennes ont connu un bon début d’année, avec de solides profits, des marges en hausse, et des rachats d’actions dans certains cas. Les prix du pétrole ont en outre contribué à la performance des sociétés du secteur. Avec la guerre en Iran, ce phénomène pourrait durer encore un moment.  

« Il est important de noter que le cours des actions du secteur de l’énergie est davantage corrélé au prix du baril à un an qu’à son prix au comptant. Ces titres ne sont pas si sensibles au court terme, si bien qu’ils sont bien positionnés pour performer dans plusieurs situations possibles », dit Catharine Sterritt.

Elle voit une bonne occasion d’investir dans le secteur manufacturier mondial, qui profitera éventuellement d’une renormalisation de l’économie une fois les tensions passées, et dans la défense qui va faire l’objet de budgets en hausse partout dans le monde, quelle que soit l’issue du présent conflit. Enfin, elle mentionne les titres aurifères qui sont appelés à profiter de l’accumulation continue du précieux métal par de nombreuses banques centrales.

« Du côté de l’IA, il est encore difficile de déterminer les gagnants des perdants. Jusqu’ici le marché a récompensé les géants de la techno qui engagent d’énormes dépenses en capital dans leur course à l’intelligence. Mais à mesure qu’ils s’endettent, ils voient leurs coûts d’exploitation gonfler et leurs marges se comprimer », détaille Catharine Sterritt. 

« Pendant ce temps, les fournisseurs de services logiciels font face à une menace de perte d’utilisateurs liée à l’essor de l’IA, qui pourrait réduire les effectifs au sein des entreprises, notamment dans des secteurs comme l’ingénierie. Les gagnants seront ceux qui jouissent d’un solide avantage concurrentiel, détiennent des technologies propriétaires et entretiennent de solides relations avec leur clientèle. Au Canada, c’est notamment le cas de Thomson, WSP ou Spotify ; ces sociétés devraient profiter de l’IA plutôt que d’en pâtir. »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicholas Ritoux

Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.