Quelle est l’exposition des conseillers canadiens aux marchés privés?

Par Noushin Ziafati | 14 avril 2026 | Dernière mise à jour le 13 avril 2026
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Écran affichant des données boursières et graphiques financiers, représentant l’analyse de marché et la prise de décision.
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Un sondage réalisé par iCapital Canada révèle que près de la moitié des conseillers avec lesquels l’entreprise collabore au sein de firmes de gestion de patrimoine au Canada allouent actuellement environ de 10 % à 30 % des portefeuilles à des placements sur les marchés privés.

Le fournisseur torontois de solutions d’investissement dans les marchés privés a interrogé, en octobre 2025, des conseillers issus d’une cinquantaine de firmes de gestion de patrimoine partenaires, incluant les six grandes banques canadiennes, des courtiers indépendants, des bureaux de gestion de patrimoine familial (family offices) et des clients institutionnels.

Environ 44 % des répondants ont indiqué qu’ils prévoyaient maintenir leurs allocations actuelles au cours des 12 à 18 prochains mois, tandis que 3 % ont affirmé ne pas investir dans les actifs alternatifs. Un autre 5 % prévoit réduire leurs allocations, bien que la majorité de ce groupe ait déjà consacré plus de 20 % de leurs portefeuilles à ces stratégies.

À l’inverse, 48 % des conseillers ont indiqué qu’ils comptaient augmenter leur exposition aux marchés privés durant cette période. Parmi eux, plus de la moitié prévoient accroître leurs allocations de plus de 5 %.

« Les résultats de 2025 confirment l’intérêt soutenu pour les marchés privés, même si les conseillers adoptent un rythme d’augmentation plus mesuré », observe Tom Johnston, directeur général et chef d’iCapital Canada, dans un communiqué.

Selon lui, l’amélioration de l’accessibilité constitue « le principal facteur expliquant pourquoi un nombre croissant de gestionnaires de patrimoine et de conseillers canadiens augmentent de façon significative leur allocation aux placements alternatifs ».

LES CLASSES D’ACTIFS PRIVILÉGIÉES

Le sondage demandait également aux conseillers d’identifier leurs classes d’actifs préférées sur les marchés privés.

Les résultats montrent que le capital-investissement (private equity), les infrastructures et le crédit privé sont les plus prisés. Le capital-investissement et les infrastructures ont chacun gagné une place pour se classer respectivement au premier et au deuxième rang, comparativement à 2024. Le crédit privé, qui occupait la première place lors de la précédente étude, recule au troisième rang.

L’immobilier privé, les fonds secondaires de capital-investissement et les fonds de couverture (hedge funds) suivent ensuite, conservant les quatrième, cinquième et sixième positions, comme en 2024.

PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE GESTIONNAIRES ET DE VÉHICULES

Interrogés sur leurs préférences quant aux gestionnaires, 54 % des répondants ont indiqué qu’ils prévoyaient investir auprès de deux gestionnaires par classe d’actifs. Par ailleurs, 27 % ont indiqué privilégier trois gestionnaires ou plus, tandis que 19 % préfèrent s’en tenir à un seul gestionnaire par catégorie.

L’étude révèle également que les fonds permanents à gestion unique (evergreen funds) sont le véhicule privilégié pour accéder aux stratégies de capital-investissement et de crédit privé.

LES COMPTES ENREGISTRÉS ET LES OBSTACLES

iCapital Canada a aussi sondé ses clients en gestion de patrimoine sur l’opportunité de rendre ces stratégies admissibles dans les comptes enregistrés.

Environ 56 % des répondants ont indiqué que cette admissibilité est importante pour leurs clients, tandis que 23 % la jugent essentielle. À l’inverse, 21 % estiment que cet aspect n’est pas important.

Les contraintes de liquidité et les structures de frais plus élevées ont été identifiées comme les principaux obstacles à l’accès à ces stratégies.

Compte tenu de la complexité des placements dans les marchés privés, Tom Johnston souligne que les conseillers « devraient adopter une approche rigoureuse pour se former sur toutes les caractéristiques d’une classe d’actifs et d’une stratégie avant d’y investir, notamment en effectuant une analyse approfondie de la diligence raisonnable et de la sélection des gestionnaires ».

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Noushin Ziafati

Noushin Ziafati est rédactrice en chef adjointe de Advisor.ca depuis 2024. Auparavant, elle a travaillé pour la CBC, La Presse Canadienne, CTV News, Telegraph-Journal et Chronicle Herald.