Quand les consommateurs deviennent fraudeurs

Par La rédaction | 24 avril 2026 | Dernière mise à jour le 23 avril 2026
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Des mensonges sur l’argent. Pile de pièces d’or avec Pinocchio.
malerapaso / iStock

La fraude change de visage, révèlent les données sur les tendances et les perspectives en matière de fraude Pouls du marché d’Equifax Canada. En effet, la fraude de première partie, qui consiste à faire de fausses déclarations sur ses renseignements financiers, a explosé en un an.

Entre le quatrième trimestre de 2024 et celui de 2025, les taux de fraude de première partie au Canada ont augmenté de 31 %. Ces taux sont particulièrement prononcés parmi les jeunes et dans deux provinces spécifiques, soit l’Ontario et l’Alberta.

Si la fraude commise par des tiers demeure une menace importante, une part croissante du risque est désormais attribuable aux demandeurs eux-mêmes, qui utilisent leur propre identité tout en fournissant des renseignements financiers inexacts, incohérents ou exagérés.

« L’augmentation préoccupante des activités de fraude de première partie est une tendance qu’aucun prêteur ne peut se permettre d’ignorer, prévient Carl Davies, chef de la fraude et de l’identité à Equifax Canada. Quoique les attaques traditionnelles menées par des tiers restent courantes, nous observons également de plus en plus de cas où les consommateurs semblent manipuler leurs propres renseignements pour obtenir l’accès à des produits de crédit ou bancaires. »

Le rapport met ainsi en évidence une hausse marquée de ce type de fraude liée aux cartes de crédit, particulièrement chez les jeunes consommateurs. D’une année à l’autre, sa fréquence a presque doublé, passant de 0,08 % au quatrième trimestre de 2024 à 0,15 % au quatrième trimestre de 2025.

Equifax indique avoir relevé des soumissions de données contradictoires ou incohérentes, qui représentaient 59 % des cas de fraude de première partie au quatrième trimestre de 2024, puis 77 % au quatrième trimestre de 2025. En Ontario, où ce type de fraude est particulièrement répandu, les pertes de crédit associées ont atteint jusqu’à 123 millions de dollars.

Une tendance similaire se dessine dans le secteur des services bancaires et des dépôts, où le taux de cas de fraude de première partie est passé de 0,51 % à 0,68 %.

Les cas de falsification des renseignements financiers dans le secteur des services bancaires et des dépôts ont augmenté considérablement. Alors qu’ils ne représentaient que 1,5 % des cas à la fin de 2024, leur part atteindrait désormais 21 %.

Dans l’ensemble, les taux de fraude liée aux demandes de prêt hypothécaire et automobile ont évolué en sens inverse, toutefois, les pertes potentielles liées aux cas présumés de fraude au sein des portefeuilles de créances en souffrance restent importantes.

Les données montrent que les consommateurs âgés de 26 à 45 ans sont à l’origine de la majorité des demandes de prêts hypothécaires soupçonnées de fraude. À l’inverse, les 35 ans et moins concentrent la plus grande part des pertes de crédit liées à la fraude dans les soldes en souffrance du secteur automobile.

L’intelligence artificielle (IA) pourrait bien être la solution face à ce nouveau fléau. « Les technologies basées sur l’IA permettent de détecter les documents et les identités falsifiés », souligne Carl Davies en conclusion, un atout devenu essentiel dans un contexte où les fraudeurs affinent constamment leurs méthodes.

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La rédaction