Miser sur la productivité plutôt que sur l’endettement

8 mai 2026 | Dernière mise à jour le 7 mai 2026
2 minutes de lecture
Illustration d’un homme en costume sur un bateau en papier, tenant une longue-vue et un drapeau du Canada. Fond bleu avec nuages stylisés.
rudall30 / IStock

Le Canada devrait modérer la croissance de ses dépenses tout en soutenant fortement ses gains de productivité, s’il veut enrayer son endettement, selon l’Institut C.D.Howe.

Ottawa fait preuve d’« insouciance » en croyant être en mesure de remédier à la hausse de son endettement, affirme la note Fiscal Fantasy: Believe It or Not, Fiscal Reality Hasn’t Gone Away  de l’Institut.

« Le gouvernement fédéral a souvent soutenu que le Canada peut continuer à emprunter parce que son fardeau d’endettement est inférieur à celui de nombreux autres pays », pointe-t-il dans celle-ci.

En effet, les comparaisons internationales de dette brute incluent les actifs du Régime de pensions du Canada (RPC) et du Régime de rentes du Québec (RRQ). Or, ces actifs ne constituent pas des ressources budgétaires pour le gouvernement fédéral. Ils sont destinés à payer les pensions des futurs retraités.

De fait, la trajectoire récente du budget fédéral nourrit le déficit chronique et l’endettement. Et c’est sans compter les turbulences géopolitiques et économiques, qui sont susceptibles de détériorer encore davantage les finances du Canada. Ces incertitudes devraient encore plus appeler Ottawa à la prudence budgétaire, selon la note.

Les dépenses présentées comme des investissements pour l’avenir ne produiront pas des gains de productivité suffisants, prévient l’Institut C.D.Howe. La réduction de l’immigration freinera la croissance du PIB et des recettes gouvernementales, un phénomène amplifié par le vieillissement de la population qui conduira à un déclin de la population en âge de travailler.

Tandis qu’Ottawa prévoit une croissance du PIB réel de 1,5 % par an de 2030 à 2056, l’Institut ne prévoit qu’un faible 1,2 %.

Une priorité d’Ottawa devrait être de soutenir vraiment la croissance de la productivité. Selon la note, cela passe notamment par un soutien accru à l’investissement des entreprises. À titre d’exemple, l’investissement en machines et équipements par travailleur est près de trois fois plus élevé aux États-Unis qu’au Canada.

Cela prive le Canada de gains de productivité, qui plus est, au moment où le marché américain devient plus difficile l’accès.

La note suggère au gouvernement fédéral de revoir ses perspectives économiques et budgétaires, en prévoyant une croissance plus faible que prévu, mais des déficits et une dette plus élevés.

Le rapport recommande d’établir une trajectoire claire vers l’équilibre budgétaire d’ici quatre ans. La maîtrise de la croissance des dépenses devrait être une priorité.

Par ailleurs, selon lui, les taux d’imposition des sociétés devraient être abaissés, et la fiscalité devrait davantage taxer la consommation que les revenus.

Abonnez-vous à nos infolettres