Les perspectives s’améliorent peut-être pour le Canada

Par Kevin Press | 31 mars 2026 | Dernière mise à jour le 30 mars 2026
3 minutes de lecture
Illustration d’un homme en costume sur un bateau en papier, tenant une longue-vue et un drapeau du Canada. Fond bleu avec nuages stylisés.
rudall30 / IStock

Les perspectives pour l’économie canadienne et ses marchés de capitaux suscitent un regain d’optimisme mesuré chez certains gestionnaires de portefeuille, qui y voient des signaux d’amélioration dans un environnement mondial incertain.

« Les perspectives pour le Canada s’améliorent de plus en plus », a récemment déclaré John Shaw, vice-président principal et gestionnaire de portefeuille, titres à revenu fixe, chez CI Gestion mondiale d’actifs (GMA) devant un auditoire de Morningstar Canada le 25 mars.

« Le Canada est quelque peu unique en tant qu’exportateur net de matières premières », a indiqué David Tulk, gestionnaire de portefeuille en répartition d’actifs mondiale chez Fidelity Investments. Il constitue aussi « une option relativement sûre » comparativement à d’autres pays producteurs — un facteur qui, selon lui, gagnera en importance à la suite de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. »

Après une décennie de croissance modeste, un répit serait bienvenu. En excluant les années marquées par la pandémie de COVID-19 (2020–2022), le Canada n’a enregistré qu’une seule année de croissance du PIB d’au moins 2,5 % au cours des dix dernières années.

« Nous partons d’une base faible », a souligné John Shaw.

Les propos de David Tulk témoignent d’un changement amorcé l’an dernier chez Fidelity Investments. L’entreprise sous-pondérait les actions et les obligations canadiennes « depuis une période extrêmement longue », soit plus d’une décennie.

« Nous avons réduit considérablement cette sous-pondération », a-t-il indiqué à l’auditoire.

Les Canadiens demeurent toutefois fortement endettés. Le ratio de la dette des ménages au revenu a atteint 177,2 % à la fin de 2025, un niveau élevé par rapport aux autres pays de l’OCDE. Il reste néanmoins inférieur au sommet de 188 % atteint en 2022 pendant la pandémie.

« Ce n’est pas idéal, mais la situation s’améliore légèrement », a déclaré David Tulk.

Fidelity se montre également plus optimiste quant aux politiques publiques à Ottawa depuis l’élection du premier ministre Mark Carney. David Tulk, qui a travaillé avec lui lorsqu’il était gouverneur de la Banque du Canada, estime qu’il sera en mesure de faire progresser le pays sur la question de son déficit de productivité de longue date.

« Il comprend bien le problème, a-t-il assuré. Il devra surmonter beaucoup d’obstacles bureaucratiques, mais c’est quelqu’un qui saisit les enjeux. »

Sur le plan commercial, David Tulk et John Shaw s’attendent à ce qu’Ottawa et Washington concluent un nouvel accord qui offrira au moins une orientation plus claire aux dirigeants d’entreprises canadiennes.

« C’est l’incertitude qui pose problème, a précisé John Shaw. L’absence de décision est en réalité la pire des situations. […] Si une solution est trouvée, nous pensons que l’économie canadienne pourra mieux performer. »

Cela contribue à la perspective positive de CI GMA à l’égard du dollar canadien.

« Nous sommes généralement optimistes à l’égard du dollar canadien dans la plupart de nos mandats à revenu fixe », a certifié John Shaw.

ATTENTION À UNE POSSIBLE HAUSSE DES TAUX

Les investisseurs devraient se préparer à une possible hausse des taux d’intérêt par la Banque du Canada au cours du second semestre, sous l’effet des pressions inflationnistes liées à la remontée des prix du pétrole. John Shaw et David Tulk jugent toutefois que ce scénario demeure incertain.

De son côté, la Réserve fédérale américaine serait moins susceptible de relever ses taux.

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, continue de défendre une politique de « dollar fort », mais les investisseurs demeurent sceptiques. Sur CNBC, il a affirmé que « les fluctuations à court terme sont acceptables » et qu’« il est naturel que les devises montent et descendent ». Parallèlement, Washington met l’accent sur la compétitivité des exportations dans sa politique commerciale tout en maintenant d’importants déficits budgétaires.

« Ils cherchent essentiellement à réduire le poids de leur dette par l’inflation », a analysé John Shaw.

La politique pourrait également entrer en jeu. Le président américain Donald Trump a exercé des pressions sur le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, pour abaisser les taux d’intérêt. Si son candidat, Kevin Warsh, venait à être confirmé, rien ne garantit qu’il maintiendrait cette ligne de conduite.

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Kevin Press

Kevin Press est directeur éditorial de Advisor.ca. Il est joignable à l’adresse kevin@newcom.ca.