Le CSF met en garde contre un « triple choc » de risques

Par La rédaction | 23 avril 2026 | Dernière mise à jour le 22 avril 2026
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Jusqu’à présent, les marchés financiers mondiaux ont résisté, mais l’intensification du conflit au Moyen-Orient fait peser un risque croissant sur la stabilité financière, avertissent les décideurs mondiaux, appelant à une vigilance accrue.

Dans une lettre adressée aux ministres des Finances et aux banques centrales du G20, le président du Conseil de stabilité financière (CSF), Andrew Bailey, appelle à la vigilance face au resserrement des conditions sur les marchés financiers. Il met en garde contre le risque de voir plusieurs sources de tension se conjuguer, ce qui pourrait accentuer les menaces pesant sur la stabilité financière et la continuité des services financiers.

« Les marchés financiers connaissent une volatilité accrue et un resserrement des conditions. Combinés aux vulnérabilités existantes — telles que des valorisations d’actifs tendues, un effet de levier concentré dans le secteur financier non bancaire, des inadéquations de liquidité et une complexité croissante des marchés — ces facteurs pourraient conduire à la matérialisation simultanée de multiples chocs », avertit la lettre.

« J’appelle cela le risque d’un double ou triple “choc” », précise-t-elle.

Par ailleurs, le conflit au Moyen-Orient a rendu l’environnement financier mondial « plus incertain et plus imprévisible », décrit le document.

Jusqu’à présent, les marchés financiers ont absorbé le choc négatif subi par l’économie mondiale en raison de la situation au Moyen-Orient, note la lettre. Toutefois, l’un des principaux déclencheurs de risques pour la stabilité financière serait que les marchés commencent à intégrer un impact beaucoup plus important du conflit sur la croissance économique mondiale.

Les marchés se sont largement concentrés sur l’impact sur l’inflation, mais s’ils devaient déplacer leur attention vers les actifs risqués, dans un contexte d’inquiétude croissante quant aux effets du conflit sur la croissance, « une revalorisation brutale des prix des actions pourrait coïncider avec l’attention déjà accrue portée aux valorisations des actifs privés », indique la lettre.

Dans ce contexte, Andrew Bailey a appelé les autorités de régulation à renforcer la surveillance des marchés obligataires souverains, du crédit privé et des valorisations d’actifs.

« Les prix des actifs mondiaux demeurent élevés par rapport aux normes historiques », a-t-il souligné, ajoutant que les secteurs dont les valorisations étaient déjà tendues avant le conflit « sont particulièrement vulnérables à des ajustements brusques si les conditions économiques se détériorent ».

De même, les investisseurs se détournaient déjà de certains marchés risqués, comme le crédit privé, avant le conflit. Celui-ci pourrait accroître la pression sur les emprunteurs fortement endettés et dégrader la qualité des actifs, accentuant ainsi la pression sur les fonds de crédit privé.

« Il existe également un risque accru que l’opacité de ces marchés déclenche une perte de confiance plus large, même si les problèmes sont limités à certains emprunteurs », souligne le document.

Sur les marchés obligataires souverains, le CSF indique que l’utilisation d’un effet de levier élevé par des fonds adoptant des stratégies corrélées a accru le risque d’un débouclement désordonné de leurs positions, ce qui pourrait nuire à la liquidité des obligations souveraines et se propager au-delà des frontières.

« Si l’ampleur et l’impact économique de ce choc continuent d’augmenter, le risque qu’il interagisse avec des vulnérabilités connues augmentera également, indique la lettre. Nous suivrons de près l’évolution de ce choc, y compris la possibilité que plus d’une vulnérabilité se matérialise simultanément, entraînant des effets plus larges dans le système et une perte de confiance. »

En particulier, le CSF a indiqué qu’il prévoit publier prochainement un rapport sur les vulnérabilités liées à la croissance du crédit privé. Il travaille également sur une analyse des canaux permettant la propagation et l’intensification des risques, notamment en ce qui concerne les dérivés de change.

À cet égard, Andrew Bailey a souligné la nécessité d’une surveillance étroite des marchés des changes et des dérivés, et le CSF surveille également de près les marchés de pensions livrées, « qui sont essentiels à la liquidité des marchés ».

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La rédaction