Les jeunes attirés par les offres trop belles pour être vraies

Par La rédaction | 24 mars 2026 | Dernière mise à jour le 27 mars 2026
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Les jeunes attirés par les offres trop belles pour être vraies
anyaberkut / iStock

Les Québécois âgés de 18 à 24 ans sont bien plus susceptibles que les autres générations à être tentés par des offres d’investissement « trop belles pour être vraies », révèle un sondage de l’Autorité des marchés financiers (AMF) réalisé à l’occasion du Mois de la prévention de la fraude.

Dans le cadre de ce sondage, l’AMF a posé cinq questions à plus de 1000 résidents du Québec de plus de 18 ans.

La première question, « Au cours de la dernière année, avez-vous acheté (cotisé) ou vendu (décaissé) des placements ou des actions de l’une ou l’autre des façons suivantes ? », a permis de constater qu’environ un Québécois sur deux effectuait régulièrement des placements, principalement par l’entremise d’un professionnel (28 %) ou en ligne, de façon autonome (22 %).

LES CRYPTOMONNAIES POPULAIRES CHEZ LES JEUNES ET L’IMMIGRATION

Dès la deuxième question, l’AMF s’intéressait davantage aux placements plus spéculatifs, en l’occurrence les cryptomonnaies. Résultats : 8 % des Québécois ont investi de l’argent dans l’achat de cryptomonnaies au cours de la dernière année. Cette proportion est particulièrement élevée parmi les personnes issues de l’immigration (21 %) et les 18-24 ans (19 %).

Face à ces résultats, l’AMF rappelle l’importance de bien comprendre les produits financiers dans lesquels on envisage d’investir.

« Les cryptos sont des produits volatils, très spéculatifs et pour lesquels le risque d’investissement est élevé. Dans la dernière année seulement, l’AMF a reçu pas moins de 1400 appels de citoyens préoccupés à ce sujet, un nombre qui continue de croître annuellement », avertit Kim Lachapelle, surintendante à l’assistance aux clientèles et à l’éducation financière de l’AMF.

Pour rappel, seulement dix plateformes de négociation de cryptomonnaies sont actuellement autorisées au Québec.

LES JEUNES MOINS SENSIBILISÉS AUX FRAUDES

Dans sa troisième question, l’AMF présente une situation : « Une connaissance vous propose un investissement présenté comme sans risque, offrant un rendement minimal de 20 % par année. Quel serait votre premier réflexe le plus probable ? ».

Il est alors rassurant de découvrir que 47 % des Québécois refuseraient l’offre d’office. Un peu plus du tiers (38 %) chercherait à obtenir davantage de précision avant de se décider. Toutefois, 9 % des sondés ont affirmé qu’ils accepteraient l’offre. Cette proportion grimpe à 22 % parmi les 18 à 24 ans.

Cette proportion face à cette offre « trop belle pour être vraie » inquiète quelque peu l’AMF. Elle rappelle qu’avant d’investir, il est important de bien se poser trois questions :

  1. Connaissez‑vous bien le produit dans lequel vous investissez ?
  2. L’offre vous semble‑t‑elle réaliste ? (Aucun rendement n’est garanti et tout produit comporte un risque)
  3. La personne qui vous recommande cet investissement obtient‑elle un avantage financier ?

« Dans le cadre du Mois de la prévention de la fraude, nous voulons outiller les Québécois pour qu’ils reconnaissent les signaux d’alarme liés à des propositions d’investissement qui sont trop belles pour être vraies. L’engouement des jeunes pour l’investissement autonome se confirme de plus en plus et témoigne de leur intérêt croissant pour leurs finances personnelles. Il demeure toutefois important de prendre un instant pour bien comprendre les offres qui circulent et les risques qui peuvent y être associés », souligne Kim Lachapelle.

Le régulateur rappelle qu’en cas de doute, il est toujours possible de contacter l’AMF.

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La rédaction