Les jeunes ajustent leurs portefeuilles en période de tensions géopolitiques

Par Noushin Ziafati | 29 avril 2026 | Dernière mise à jour le 28 avril 2026
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Ruines d’une ville. Paysage apocalyptique.
vicnt / iStock

Les jeunes investisseurs canadiens sont plus susceptibles que les générations plus âgées d’ajuster leurs portefeuilles en réaction aux événements géopolitiques. Cette tendance est encore plus marquée chez ceux qui investissent dans des fonds négociés en Bourse (FNB), qui adoptent davantage une approche de gestion active, selon une étude récente.

Le sondage a été mené par la firme d’études de marché Sago pour le compte de l’Association canadienne des FNB (ACFNB) en mars dernier, alors que les tensions géopolitiques accrues secouaient les marchés mondiaux.

L’enquête, menée auprès d’environ 4 600 Canadiens, révèle que de nombreux investisseurs ont choisi de garder leur calme et de maintenir leur plan d’investissement malgré l’incertitude croissante. Plus précisément, la moitié des Canadiens interrogés ont indiqué que le conflit au Moyen-Orient n’avait pas influencé leurs décisions d’investissement.

Cependant, parmi les Canadiens âgés de 18 à 34 ans, 13 % ont déclaré avoir déjà apporté des changements à leurs placements en raison de l’incertitude géopolitique liée au conflit au Moyen-Orient, comparativement à seulement 4 % chez les personnes de 55 ans et plus. De plus, 17 % des répondants plus jeunes ont indiqué qu’ils prévoyaient revoir leur portefeuille.

Les investisseurs en FNB se sont révélés encore plus réactifs à l’évolution des conditions géopolitiques. Environ 15 % des Canadiens détenant des FNB au moment du sondage ont indiqué qu’ils prévoyaient ajuster leur stratégie d’investissement en réponse aux événements mondiaux.

Les investisseurs ont également été interrogés sur leur perception des FNB comme outil pour naviguer dans un contexte de volatilité. Environ 10 % des Canadiens ont déclaré qu’ils seraient plus enclins à augmenter leurs investissements en FNB en période de volatilité, tandis que 32 % ont indiqué qu’ils n’apporteraient aucun changement à leur portefeuille. Parmi les détenteurs actuels de FNB, 23 % ont affirmé qu’ils étaient plus susceptibles d’acheter des FNB en période de volatilité.

Une autre constatation clé de l’étude est qu’environ un Canadien sur cinq (21 %) possède à la fois des FNB cotés au Canada et aux États-Unis. Toutefois, 65 % des participants ont indiqué qu’ils n’étaient pas conscients que les FNB offerts de part et d’autre de la frontière canado-américaine sont soumis à des traitements fiscaux différents.

Même parmi les investisseurs en FNB, la connaissance des implications fiscales transfrontalières demeure limitée. Environ 36 % des personnes investissant dans des FNB au moment du sondage ont indiqué ne pas être au courant de ces différences fiscales, tandis que 45 % des investisseurs détenant spécifiquement des FNB cotés aux États-Unis ont affirmé ne pas en être conscients.

À cet égard, Eli Yufest, directeur général de l’ACFNB, a souligné que le secteur doit redoubler d’efforts pour combler cet écart de connaissances.

« Améliorer la compréhension des investisseurs quant au traitement fiscal et à la structure des marchés est essentiel pour permettre aux Canadiens de prendre des décisions d’investissement pleinement éclairées », souligne-t-il dans un communiqué.

L’étude repose sur un sondage national mené auprès de 4 608 Canadiens de différents groupes d’âge, régions, niveaux de scolarité et tranches de revenus. Elle a été réalisée par le panel canadien de Sago entre le 1er et le 31 mars. Les résultats ont été pondérés afin de refléter les données démographiques du recensement canadien et d’assurer leur représentativité de la population générale.

Un échantillon de cette taille comporte une marge d’erreur d’environ ± 1,4 point de pourcentage, 19 fois sur 20.

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Noushin Ziafati

Noushin Ziafati est rédactrice en chef adjointe de Advisor.ca depuis 2024. Auparavant, elle a travaillé pour la CBC, La Presse Canadienne, CTV News, Telegraph-Journal et Chronicle Herald.