Investissement national des caisses de retraite : une fausse bonne idée

Par La rédaction | 8 avril 2026 | Dernière mise à jour le 7 avril 2026
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Une loupe dont sort de la lumière illuminant un signe attention.
erhui1979 / iStock

Pousser les caisses de retraite canadiennes à investir davantage dans l’économie nationale aurait des effets secondaires fortement négatifs, affirme l’Institut Fraser.

Le gouvernement du Canada a déjà déclaré son intention d’inciter les caisses de retraite à investir davantage dans l’économie nationale. Mais forcer l’orientation des investissements des caisses de retraite exposerait l’économie canadienne à plusieurs conséquences négatives, soutient un rapport de l’Institut Fraser, intitulé « The debate over canadian pension funds’ domestic investments ».

D’abord, l’imposition de seuils d’investissement minimaux nuirait à l’efficacité d’un portefeuille d’actions à l’échelle mondiale. De telles contraintes pourraient limiter la marge de manœuvre des gestionnaires et les empêcher d’optimiser le rendement global.

De ce fait, cela reviendrait à imposer une taxe sur les pensions des retraités canadiens, pointe le rapport, en soulignant que cela pourrait avoir des retombées sur le plan politique.

L’Institut Fraser estime que, si une telle obligation d’investissement national avait été en vigueur durant le mandat de Justin Trudeau, elle aurait équivalu à une ponction de 73 % sur les rendements des pensions issus d’actions cotées en bourse, par rapport à ceux qui auraient été obtenus grâce à des investissements aux États-Unis.

Cela dit, l’Institut Fraser souligne que l’économie canadienne offre également des sources de rendement intéressantes pour les caisses de retraite. Les investissements réalisés exclusivement au Canada se démarquent notamment dans les segments du capital-risque et du capital-investissement, où ils affichent des performances supérieures.

Les taux de rendement interne (TRI) moyens des caisses de retraite sont meilleurs pour les investissements nationaux (25,8 %) que pour les investissements étrangers (4,9 %). Le TRI médian des investissements des caisses de retraite canadiennes dans des fonds de capital-risque canadiens est également plus élevé, à 14,8 %, contre 3,6 % pour les investissements dans des fonds de capital-risque étrangers.

Ces résultats supérieurs obtenus au Canada ne signifient pas pour autant qu’une règle de « tout au Canada » soit une bonne idée, en raison de la rareté des bonnes affaires et des implications en matière d’efficacité liées à la liberté contractuelle des parties, relativise toutefois l’Institut Fraser.

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La rédaction