Plus ça change… moins c’est pareil

8 mars 2017 | Dernière mise à jour le 15 août 2023
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Plus ça change… moins c’est pareil

• Ce texte est paru dans l’édition de mai 2006 de Conseiller. Il est aussi disponible en format PDF. Vous pouvez également consulter l’ensemble du numéro sur notre site Web.


Le dicton dit : «Plus ça change, plus c’est pareil». Pourtant, les gens qui oeuvrent dans le secteur financier doivent constamment faire face au changement. Ils doivent s’adapter aux changements continuels des lois fiscales, au contexte économique, à l’évolution des taux de change et des taux d’intérêt, ainsi qu’aux soubresauts de la Bourse.

Un changement important auquel on devra ajuster nos recommandations est celui de la démographie. La population canadienne vieillit massivement et rapidement : les premiers baby-boomers souffleront leur 65e bougie en 2011, dans à peine cinq ans. Et ils seront nombreux!

En 2010, on comptera le même nombre de jeunes dépendants que d’aînés dépendants. Sans compter que des bébés, on n’en fait plus beaucoup!

tableau_archive_mai2006_650Le taux de renouvellement de la population de 2,1 enfants par femme n’a pas été atteint depuis 1970. Si bien qu’en 1950, on comptait 20 aînés pour 100 jeunes. En 2001, on en comptait 50 pour 100 jeunes et en 2050, le nombre d’aînés sera de 125 pour 100 jeunes!

Conséquemment, les recettes fiscales servant à financer la retraite et la santé devraient diminuer. Aussi, aucune croissance de la population active n’est prévue entre 2016 et 2025. Toutefois, certains chercheurs croient que lorsque les baby-boomers prendront leur retraite, les régimes de retraite fiscalement avantageux vont engendrer des recettes importantes. À mesure que la population vieillira, les cotisations bénéficiant d’un report d’impôt devraient diminuer contre une augmentation des retraits imposables. Ce qui pourrait compenser la baisse des recettes fiscales engendrée par un nombre décroissant de la population active.

Génération d’acharnés au travail, les baby-boomers seront sans doute de fervents amateurs de retraite progressive. Ils pourraient quitter leur emploi pour s’en trouver un autre mieux adapté à leur style de vie.

Et que dire de leur union! Ces baby-boomers vivent-ils en union libre? En union civile? Sont-ils mariés? Sous quel régime matrimonial? Ont-ils renoncé au partage du patrimoine familial? Ont-ils divorcés? Leur situation familiale influencera les choix qui s’offriront à eux au moment de leur retraite. Et que dire des régimes de retraite? Qui sera l’héritier? Le conjoint au moment du décès ou celui qui était présent au moment de la retraite?

Fini le temps où on avait uniquement le choix entre l’œuf et l’enveloppe! Avec toutes ces nouvelles réalités, les conseillers devront être visionnaires et prévoir non seulement l’accumulation des revenus de retraite, mais aussi trouver des stratégies de décaissement. La planification testamentaire et successorale sera aussi très importante.

Ces changements démographiques obligeront les conseillers à ajuster leurs recommandations et à analyser minutieusement chaque situation. Plus que jamais, une planification financière personnelle complète et intégrée sera le seul moyen de répondre adéquatement à cette clientèle particulière.

Annie Boivin est fiscaliste et planificatrice financière. Michel Lavoie est fiscaliste, CA et planificateur financier.


• Ce texte est paru dans l’édition de mai 2006 de Conseiller. Il est aussi disponible en format PDF. Vous pouvez également consulter l’ensemble du numéro sur notre site Web.