Richter célèbre 100 ans d’un modèle axé sur les entrepreneurs

Par Richard Cloutier | 1 mai 2026 | Dernière mise à jour le 30 avril 2026
5 minutes de lecture
Vue diurne du centre-ville de Montréal Canada.
Pgiam / iStock

Fondé à Montréal en 1926, Richter célèbre cette année son 100e anniversaire, un jalon rare dans le paysage des services professionnels au Canada. Au fil d’un siècle marqué par des transformations économiques majeures, la firme a fait évoluer son modèle d’affaires pour s’adapter aux besoins changeants de sa clientèle, composée principalement d’entrepreneurs et de familles nanties.

« Célébrer 100 ans, ce n’est pas seulement souligner notre longévité, c’est reconnaître notre capacité à nous transformer, affirme Tasso Lagios, associé directeur de Richter. Le changement a toujours fait partie de notre histoire et nous avons fait le choix d’évoluer avec nos clients. »

UNE ÉVOLUTION DICTÉE PAR LES BESOINS DES CLIENTS

À ses débuts, Richter opérait à titre de cabinet de services comptables. Mais très tôt, la firme a fait un choix significatif : concentrer ses activités sur les entrepreneurs et les entreprises privées.

« Notre objectif a toujours été de servir les entrepreneurs et les entreprises privées. Nous ne sommes jamais allés vers les sociétés cotées en bourse », souligne Anik Lanthier, associée, cheffe des investissements, gestionnaire de portefeuilles à Richter, en entretien avec Conseiller.ca.

Un positionnement qui a profondément influencé le développement de la firme, selon elle.

Au fil des décennies, Richter « a évolué en fonction des besoins de ses clients. […] Nous avons essayé de suivre notre client », résume-t-elle. Cette approche a notamment mené au développement d’expertises en fiscalité, en restructuration, en transactions et en gestion du risque, afin d’accompagner les entrepreneurs dans la croissance et la transformation de leurs entreprises.

Plusieurs étapes clés ont ainsi marqué l’évolution de Richter.

À la fin des années 1990, la firme amorce une expansion vers les États-Unis, avec l’ouverture d’un bureau à Chicago, afin de répondre à la présence croissante de ses clients sur ce marché. « Nous avions de plus en plus de clients qui opéraient aux États-Unis », explique la dirigeante.

Parallèlement, Richter développe sa pratique de gestion de patrimoine. Une évolution qui découle directement des besoins exprimés par les entrepreneurs à la suite d’événements de liquidité, comme la vente de leur entreprise. « Ils nous demandaient : qu’est-ce que je fais avec cet argent-là ? »

En 2013, la firme poursuit son expansion canadienne et ouvre un bureau à Toronto. Cette antenne compte aujourd’hui plus de 150 employés.

Puis, en 2016, Richter met en place ce qui constitue maintenant le cœur de son positionnement : son bureau familial d’affaires (business family office). « C’est vraiment ce qui nous distingue », affirme Anik Lanthier.

Aujourd’hui, l’organisation se présente comme un bureau familial d’affaires offrant un accompagnement global aux entrepreneurs et aux familles, couvrant à la fois les enjeux d’affaires, patrimoniaux et familiaux.

DES ENJEUX DE PLUS EN PLUS COMPLEXES

Les défis auxquels font face les clients de Richter évoluent. Parmi les enjeux majeurs figure le transfert d’entreprise et de patrimoine. « C’est un des plus grands défis actuellement, indique Anik Lanthier. De nombreux entrepreneurs arrivent à un âge où ils doivent vendre ou céder une partie de leur entreprise. »

Or le défi est souvent double : assurer le transfert des entreprises et celui du patrimoine, tout en « préparant la prochaine génération qui, souvent, n’est pas prête à prendre le flambeau de l’entreprise ».

À cet égard, la firme intervient notamment à travers des mandats stratégiques et des initiatives de formation. « Nous avons un grand programme de littératie financière pour préparer ces jeunes-là qui, soudainement, vont être responsables de fortune de plusieurs centaines de millions de dollars, afin qu’ils soient en mesure de gérer cet argent-là dans une perspective intergénérationnelle à long terme. », signale-t-elle.

« Nous accompagnons les entrepreneurs et les familles de façon 360 degrés, autant au niveau de la business opérante que de la famille, ajoute Anik Lanthier. Nous devenons vraiment leur “trusted advisor”. »

Par exemple, Richter peut agir à titre de chef des placements en matière de gestion de patrimoine, mais aussi comme « Chief Financial Officer » (CFO) et aider ses clients en matière de comptabilité et d’impôts une fois l’entreprise vendue, illustre-t-elle.

Ce modèle vise à éliminer la fragmentation traditionnelle entre les services aux entreprises et la gestion de patrimoine. Dans certains cas, Richter agit comme point central de coordination ; dans d’autres, la firme s’intègre à l’écosystème existant du client. « Le but est d’assurer la cohérence et l’alignement », précise Anik Lanthier.

Cette approche repose sur une forte personnalisation du service. « Chaque grande famille a des besoins différents, et nous nous y adaptons. »

Au-delà de ces enjeux, la complexité des situations s’accentue. « Les enjeux sont plus nombreux et plus complexes à l’heure actuelle. » Dans ce contexte, Richter mise sur sa capacité d’adaptation pour demeurer pertinent. L’intelligence artificielle, la cybersécurité et l’évolution des marchés figurent parmi les domaines surveillés de près.

La firme a notamment développé des solutions en cybersécurité, dont la plateforme Richter Guardian, afin de répondre aux risques croissants auxquels sont exposées les familles d’affaires. « Le but, c’est d’être capable de s’adapter pour demeurer pertinent et accompagner nos clients. Outre notre expertise, nous misons beaucoup sur la relation humaine et le jugement à travers la complexité », résume Anik Lanthier.

Cette approche s’inscrit dans une culture entrepreneuriale assumée. « On sert les entrepreneurs, mais on a aussi une approche entrepreneuriale. » Cent ans après sa fondation, Richter met ainsi de l’avant une constante : sa capacité à évoluer en phase avec ses clients. « Nous sommes beaucoup dans la préparation, la mise en place pour nous adapter à ce qui s’en vient. », rappelle Anick Lanthier.

Richter compte aujourd’hui environ 700 employés, dont près de 450 à 500 à Montréal, ainsi que plus de 75 associés. Malgré cette croissance, elle maintient une approche de type « boutique », axée sur la profondeur des relations. Plusieurs familles sont accompagnées sur deux, trois, voire quatre générations.

« L’expertise ouvre la porte, mais ce qui permet vraiment d’entrer, c’est la confiance, souligne Anik Lanthier. “Et ce qui permet d’y rester, c’est la constance du jugement et l’intégrité des conseils.”

Alors que les enjeux auxquels font face les entrepreneurs et les familles nanties continuent de se transformer, la firme entend poursuivre son développement en misant sur les mêmes principes qui ont guidé son évolution : l’adaptation, la relation et la constance du jugement.

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Richard Cloutier

Richard Cloutier est rédacteur en chef de Finance et Investissement et de Conseiller.ca. Il a été Adm.A. de 1995 à 2012 avant de se consacrer au journalisme. Il a notamment écrit pour La Presse et Les Affaires.