Haro sur les crédits d’impôt aux TI

Par La rédaction | 13 novembre 2017 | Dernière mise à jour le 15 août 2023
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Haro sur les crédits d’impôt aux TI

Yvon Charest, PDG d’Industrielle Alliance (iA), s’attaque aux crédits d’impôt accordés aux entreprises de jeux vidéo et de technologies de l’information, dans une entrevue accordée à La Presse.

Ces entreprises bénéficient de divers crédits d’impôt remboursables, dont les crédits pour la production de titres multimédias, lesquels correspondent à plus d’un tiers (37,5 %) des salaires d’employés admissibles. Cela a contribué a faire de ce secteur un fort créateur d’emplois. Les TI ont connu une croissance annuelle moyenne des emplois de 4,2 % depuis cinq ans.

MESURE DÉPASSÉE

Toutefois, Yvon Charest y voit une mesure un peu dépassée. Il y a 25 ans, ces crédits d’impôt ont servi à développer le secteur de la nouvelle économie au Québec. Mais désormais, les TI ne se limitent plus à leur secteur, elles sont partout, dans toutes les industries. Près d’un employé sur cinq à Industrielle Alliance travaille dans les TI, un pourcentage appelé à augmenter. Yvon Charest voit donc ces crédits d’impôt comme un avantage injuste accordé à certains secteurs dans le recrutement de la main-d’œuvre en TI.

« Il y a une incohérence entre le fait qu’une société québécoise, comme Industrielle Alliance, doive recruter à l’étranger des ressources en TI et que, par ailleurs, les Québécois qui travaillent en TI, s’ils vont travailler pour certaines sociétés étrangères, reçoivent un boni du gouvernement. J’ai un peu de misère avec ça », a-t-il soutenu dans La Presse.

D’AUTRES VOIX S’ÉLÈVENT

Il n’est pas le seul à « avoir un peu de misère avec ça ». Dans un autre article publié dans La Presse, le président et chef de la direction de Stingray, Eric Boyko, a aussi fait connaître son mécontentement, prévoyant même une mobilisation croissante du Québec inc. contre ces crédits d’impôt. Lui aussi déplore la concurrence déloyale dans le recrutement d’ingénieurs informatiques et autres travailleurs spécialisés dans les TI.

Il suggère de « diminuer le taux du crédit d’impôt octroyé aux sociétés étrangères et élargir la mesure pour l’ensemble des entreprises ». Jean Laflamme, de Meubles South Shore et Louis Têtu, de Coveo (et membre du conseil d’administration d’IA), ont aussi protesté contre ce qu’ils perçoivent comme une injustice.

Le groupe de recherche CIRANO a aussi récemment remis en question l’efficacité de ces crédits d’impôt, que le PDG de Montréal international et d’anciens ministres des Finances continuent, par ailleurs, de défendre, comme on a pu le lire dans Le Devoir. Selon eux, la concurrence des autres provinces et des États-Unis en matière d’avantages fiscaux dans ce secteur oblige Québec à être tout aussi entreprenant.

À un an des élections provinciales, les voix des protestataires seront-elles entendues?

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