Finances publiques sous pression

Par La rédaction | 10 avril 2026 | Dernière mise à jour le 9 avril 2026
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Étau qui presse une clémentine.
Photo : cnsphotography / iStock

Une étude de l’Institut du Québec (IDQ) indique que le prochain gouvernement devra faire preuve d’une grande rigueur pour atteindre le retour à l’équilibre budgétaire prévu en 2029-2030.

L’étude de 24 pages de l’IDQ présente deux scénarios : maintenir la trajectoire actuelle de redressement ou laisser les dépenses évoluer selon leur croissance « naturelle » (inflation, coûts de système et démographie), ce qui met en lumière l’importance des choix à venir.

Selon l’IDQ, la marge de manœuvre est limitée ; sans gestion serrée, l’accumulation des déficits augmenterait la dette et réduirait progressivement la capacité de financer les services publics, tout en rendant le Québec plus vulnérable à une hausse des taux d’intérêt.

Dans son communiqué, l’organisme appelle ainsi à une discussion publique transparente sur les arbitrages que la rigueur budgétaire imposera, particulièrement en période électorale.

« Dans le contexte actuel, l’ampleur de l’effort exige une discussion publique transparente sur les choix que cette rigueur imposera, souligne Emna Braham, présidente-directrice générale de l’IDQ. Cette crise forcera le prochain gouvernement, quel qu’il soit, à des décisions difficiles. Il serait important que les formations politiques qui visent à former le prochain gouvernement du Québec précisent leur vision des finances publiques et surtout, les choix qu’ils feront pour assurer une saine gestion des finances publiques ».

SI LE RETOUR À L’ÉQUILIBRE N’ÉTAIT PAS RESPECTÉ…

D’après l’IDQ, si la trajectoire de retour à l’équilibre n’était pas respectée, les déficits pourraient atteindre environ 19,2 milliards de dollars (G$) (2,6 % du PIB) d’ici 2030 et le service de la dette pourrait grimper à 13,2 G$ en 2029-2030 (7,3 % des revenus). L’IDQ attribue notamment cette pression au vieillissement de la population et à la réduction de l’immigration, qui font augmenter certaines dépenses tout en pesant sur les revenus fiscaux.

L’étude souligne enfin le caractère structurel du déficit : la part des dépenses est passée de 24,4 % du PIB en 2018-2019 à 26,1 % sept ans plus tard. Pour revenir à l’équilibre, le gouvernement devrait limiter la croissance des dépenses à environ 1,5 % par an, un rythme bien inférieur à la croissance « naturelle » estimée à 3,7 % et à la moyenne observée depuis 2019 (7,0 %).

DES CHOIX CRUCIAUX POUR LES CITOYENS ET LES GÉNÉRATIONS FUTURES

L’IDQ estime que l’objectif ne pourra pas être atteint uniquement par des gains d’efficacité et qu’une révision du panier de services offerts aux citoyens, communiquée avec transparence, sera inévitable.

« Quelles que soient les décisions prises, le prochain gouvernement fera face à un véritable casse-tête politique dont les conséquences seront bien réelles pour les générations futures », conclut Emna Braham.

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La rédaction