Le choc pétrolier pèse sur les ménages canadiens

Par James Langton | 27 avril 2026 | Dernière mise à jour le 24 avril 2026
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Homme d’affaires en détresse attaché avec la chaîne de fer traîne la boule de fer énorme pour marcher.
sesame / iStock

Alors que les ménages à faible revenu subissent généralement le plus fortement l’impact de l’inflation, le plus récent choc énergétique touche également les ménages plus aisés au Canada, selon un rapport du Mouvement Desjardins.

Dans le document, Randall Bartlett, économiste en chef adjoint chez Desjardins, examine les effets du choc énergétique mondial sur les ménages canadiens, qui étaient déjà aux prises avec les conséquences de la hausse des droits de douane américains.

La hausse des prix mondiaux du pétrole se traduit par une augmentation des coûts du carburant et des engrais, que les consommateurs ressentent le plus directement sous forme de hausse des prix des aliments et de l’essence. De plus, le dollar canadien s’est déprécié face au dollar américain, ce qui renchérit le coût des importations en général et il existe un risque d’élargissement des pressions inflationnistes.

« Avec le temps, la hausse des coûts du carburant et les pressions sur les chaînes d’approvisionnement dues aux perturbations des routes maritimes causées par le conflit au Moyen-Orient pourraient exercer une pression à la hausse sur le prix d’autres biens, comme ce fut le cas après la pandémie », indique le rapport.

« À cela s’ajoute la sensibilité des anticipations d’inflation des consommateurs après une période d’inflation élevée, ce qui crée un risque que la hausse du coût des biens finisse également par faire grimper les prix des services. »

De manière générale, les ménages à faible revenu ressentent davantage les effets de l’inflation que les ménages à revenu élevé, souligne le document. Toutefois, pour ces derniers, les effets immédiats de la flambée des prix du pétrole sont également visibles.

Par exemple, les dépenses de transport représentent une part plus importante des dépenses totales des ménages à revenu élevé, et ces ménages consacrent aussi davantage de ressources à l’hébergement, aux services alimentaires et aux services financiers, précise le rapport.

« Ainsi, compte tenu de leur plus grande propension à voyager et à fréquenter les restaurants, il s’agit d’un canal par lequel [les ménages à revenu élevé] peuvent également ressentir plus rapidement l’impact de la hausse des coûts », indique Desjardins.

Cela dit, les ménages à revenu élevé « sont également les mieux placés pour absorber le choc », souligne Randall Bartlett.

Face à ce type de pressions, les gouvernements disposent de quelques options de base pour offrir un soutien, soit prendre des mesures pour réduire les coûts, soit augmenter les revenus. Toutefois, ces politiques comportent aussi leurs propres risques.

« Les options de politique publique visant à atténuer l’impact du coût de la vie lié à la hausse des prix de l’énergie devront concilier l’obtention d’un soutien généralisé et l’aide aux Canadiens les plus vulnérables, tout en veillant à la viabilité des finances publiques », conclut le document.

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.