Diversification de marchés : les exportateurs canadiens reprennent confiance

Par La rédaction | 13 mars 2026 | Dernière mise à jour le 12 mars 2026
3 minutes de lecture
grue chargeant un conteneur d'un camion à un porte-conteneurs dans un terminal international logistique mer port concept fret expédition par bateau
Yellow Boat / AdobeStock

La confiance des exportateurs canadiens remonte prudemment. Après avoir atteint un creux record, l’indice de confiance commerciale (ICC) semestriel d’Exportation et développement Canada (EDC) a progressé de quatre points pour s’établir à 69,7. Un seuil encore en deçà de la moyenne historique de 72,4, mais un signe que le milieu des affaires s’adapte et se repositionne face à l’instabilité des échanges mondiaux.

Ce que révèle aussi le sondage, mené auprès de 1 326 exportateurs entre décembre 2025 et janvier 2026, c’est une transformation profonde des stratégies commerciales : deux entreprises sur trois planifient déjà leur percée sur de nouveaux marchés.

« Nous assistons actuellement à une démonstration de la résilience canadienne », affirme Stuart Bergman, économiste en chef d’EDC. Les entreprises, dit-il, « choisissent clairement d’agir et de s’adapter à un contexte commercial mondial en évolution plutôt que d’attendre un retour à la normale ».

RÉDUIRE SA DÉPENDANCE AUX ÉTATS-UNIS

Le virage est mesurable et significatif. En 2015, 62 % des entreprises qui commençaient à exporter le faisaient exclusivement vers le marché américain. En 2025, ce chiffre a presque été réduit de moitié, chutant à 34 %. Dans le même temps, la proportion d’exportateurs qui s’attaquent simultanément à plusieurs marchés a plus que triplé en dix ans, passant de 13 % à 43 %.

Cette réorientation s’observe aussi dans les intentions à court terme : 65 % des exportateurs sondés prévoient pénétrer de nouveaux marchés au cours des deux prochaines années, avec l’Europe en tête (28 % des répondants), suivie de l’Asie-Pacifique (19 %).

DES ACCORDS COMMERCIAUX ENCORE SOUS-EXPLOITÉS

Le Canada dispose d’atouts considérables pour accompagner cette diversification, notamment une série d’accords de libre-échange — l’Accord économique et commercial global avec l’Union européenne, l’Accord de continuité commerciale avec le Royaume-Uni et le Partenariat transpacifique global et progressiste — qui permettent de réduire les droits de douane et de simplifier l’accès aux marchés étrangers. Or, selon le sondage, 29 % des exportateurs admissibles n’utilisent toujours pas ces accords, malgré le fait que 69 % d’entre eux reconnaissent que ces ententes influencent leurs choix de marchés.

« Les accords commerciaux constituent l’un des plus grands avantages stratégiques du Canada », souligne Todd Winterhalt, premier vice-président, Marchés internationaux à EDC. Selon lui, les entreprises canadiennes ont tout pour séduire leurs partenaires internationaux : « des technologies numériques de pointe, de l’énergie, des minéraux critiques et des produits alimentaires, qui sont tous des intrants essentiels à la sécurité des pays avec lesquels nous réalisons des échanges commerciaux ».

INVESTISSEMENTS STRATÉGIQUES

La stratégie des exportateurs ne se limite pas à l’exploration de nouveaux débouchés géographiques. Ils investissent aussi, de manière ciblée, tant au Canada qu’à l’étranger. Parmi ceux qui mènent déjà des activités à l’international, 56 % prévoient augmenter leurs investissements hors frontières au cours des six prochains mois, avec le Mexique, le Royaume-Uni, la Chine, l’Allemagne et les États-Unis comme marchés prioritaires.

Au pays, 23 % des exportateurs investissent dans des améliorations de productivité propices au commerce, notamment en infrastructures numériques, en certifications et en systèmes de commerce numérique. Le message est clair : la compétitivité internationale se construit aussi à partir de bases solides au Canada.

UNE CONFIANCE SUPÉRIEURE

Le sondage confirme par ailleurs que les entreprises exportatrices actives sur plusieurs marchés affichent une confiance supérieure de 3,3 points à la moyenne générale, tandis que celles qui dépendent exclusivement des États-Unis se situent 3,9 points en dessous. La diversification n’est donc pas seulement une stratégie de croissance — c’est aussi un facteur de résilience psychologique et financière. Reste un frein à surveiller : 32 % des exportateurs qui envisagent de se diversifier anticipent un besoin de financement, dans un contexte où la majorité d’entre eux s’attendent à ce que les conditions d’accès au crédit demeurent difficiles, voire se durcissent davantage.

Abonnez-vous à nos infolettres

La rédaction