« Lorsqu’une femme avance, elle ouvre la voie »

Par Carole Le Hirez | 21 mai 2026 | Dernière mise à jour le 21 mai 2026
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« Lorsqu’une femme avance, elle ouvre la voie »
Gracieuseté

Malgré les avancées des dernières années, des inégalités importantes entre les hommes et les femmes persistent dans l’industrie financière. C’est dans ce contexte que l’Association des femmes en finance du Québec (AFFQ) a tenu son 21e gala annuel, le 14 mai, à Montréal, afin de souligner le parcours de femmes (et d’hommes) qui font évoluer l’industrie.

Placée sous le thème Voix multiples, impact unique, la soirée a mis en lumière des thèmes comme l’importance de la confiance, le rôle du collectif dans les réussites individuelles, la place de l’authenticité en leadership et la nécessité d’ouvrir davantage la voie aux prochaines générations de femmes en finance.

Plusieurs distinctions ont été remises à des personnes qui se démarquent par leur engagement et leur influence dans l’industrie. Le prix « Femmes d’impact », qui vise à reconnaître une leader se démarquant par son audace a été attribué à Geneviève Fortier, présidente de Promutuel Assurance. Celle-ci a été perçue comme une personne ambitieuse et dit n’avoir jamais cessé de croire à son rêve de diriger un jour une grande organisation. « Il nous reste encore du chemin à faire », a-t-elle affirmé. « Lorsqu’une femme avance, elle ouvre la voie, mais lorsque plusieurs femmes avancent ensemble, elles changent les règles du jeu. »

Geneviève Brouillard, récipiendaire du prix Inspiration André-Corriveau, a présenté le leadership moins comme une question de statut que comme une capacité à créer un environnement où les autres peuvent évoluer. « Le leadership, ce n’est pas un titre, c’est une façon d’être, une façon d’inspirer, de soutenir, de faire grandir les autres », a affirmé la première vice-présidente, Québec et Est de l’Ontario à la Banque Scotia.

La nouvelle génération de femmes dirigeantes a occupé une place importante au cours de la soirée. Jessica Sharafi, directrice principale, accompagnement commercial et stratégie numérique chez Banque Nationale Investissements, a reçu le prix Étoile montante ainsi que le Coup de cœur du public. Très émue, elle a dédié sa reconnaissance à son père, qui lui répétait lorsqu’elle était jeune : « Vise la lune ; même si tu la rates, tu atterriras parmi les étoiles. » Elle a invité les femmes dans la salle à continuer de « viser la lune ensemble », estimant que les avancées collectives ont un effet transformateur sur l’ensemble de la communauté.

Lauréate du prix Leadership, Hatice Sagirdak, directrice des services bancaires régionaux pour le Québec et l’Est de l’Ontario à la Banque Scotia, a livré un témoignage émouvant sur son parcours d’immigrante. Elle a raconté son arrivée au Canada à l’âge de 12 ans, après que ses parents eurent quitté leur village de Turquie dans l’espoir d’offrir un avenir meilleur à leurs enfants.

Sans parler la langue ni connaître les codes culturels de son nouveau pays, elle explique avoir longtemps cru que l’intégration passait par le fait de mettre une partie de son identité de côté. Avec le temps, cette perception a changé. « Le leadership, ce n’est pas une question de titre. C’est d’être vrai et de donner la permission aux autres d’en être autant », a-t-elle affirmé, soulignant qu’il est possible de viser l’excellence sans sacrifier l’authenticité ni l’empathie.

Stephan Tripoul, chef des opérations de BNP Paribas au Canada, a quant à lui reçu un prix pour son engagement envers l’équité. Il a notamment évoqué une campagne menée avec l’organisme Mixity sur le partage des responsabilités familiales et l’égalité professionnelle. Sur une affiche de la campagne, on peut lire : « Un homme qui s’implique, c’est formidable », le mot « formidable » étant ensuite remplacé par « normal ».

Selon le dirigeant, l’égalité ne devrait pas être perçue comme un geste exceptionnel, mais comme une évidence. Il estime qu’un travail égal devrait automatiquement mener au même salaire, à la même reconnaissance et aux mêmes possibilités d’avancement.

Des prix Relève ont également été remis à des étudiantes qui se sont distinguées durant leur parcours universitaire. « J’ai appris à lever la main et à donner mon avis, même quand on ne le demandait pas », a illustré Anne Sophie April, lauréate avec Lilas Aubriot-Bertot, Emily Berger et Corinne Lavallée. Ces jeunes femmes ont en commun de vouloir avoir un impact positif sur la société.

L’AFFQ a profité de la soirée pour présenter ses priorités. Parmi les nouvelles initiatives figure la création de quatre stages en gestion d’actifs et en investissement, qui visent à encourager davantage de femmes à évoluer dans ce secteur encore largement masculin.

La présidente de l’association, Saloua Benkhouya, vice-présidente, placements privés et investissements d’impact au Fonds de solidarité FTQ, a rappelé que, malgré certains progrès, les inégalités persistent dans plusieurs sphères de la société et que les droits des femmes continuent de reculer dans certaines régions du monde. « Comme investisseurs, comme leaders et comme communauté, nous avons la responsabilité de contribuer à bâtir une économie plus inclusive, plus équitable et tournée vers l’avenir. »,

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Carole Le Hirez

Carole Le Hirez

Carole Le Hirez est journaliste pour Finance et Investissement et Conseiller.ca. Auparavant, elle a notamment écrit pour Les Affaires.