Les marchés privés désormais incontournables

Par Nicolas Ritoux | 31 mars 2026 | Dernière mise à jour le 27 mars 2026
3 minutes de lecture
Femme analysant des graphiques boursiers sur un ordinateur portable et un smartphone. Concept d’investissement en ligne et de suivi des marchés financiers en temps réel.
Kateryna Onyshchuk / iStock

Les marchés privés concentrent aujourd’hui une part importante de l’innovation et de la création de valeur, affirme Ana Puric, vice-présidente, Marchés privés à Gestion d’actifs CIBC.

 « Les marchés privés ont gagné en importance pour les investisseurs à la faveur d’une restructuration de l’économie mondiale. Pourtant, beaucoup n’y sont pas encore exposés », remarque l’experte.

Elle note que les sociétés tendent à rester privées plus longtemps qu’auparavant à une époque où les marchés publics captaient encore l’essentiel de leur phase de croissance. L’âge médian d’entrée en Bourse a ainsi augmenté d’environ six ans depuis 1980, pour atteindre entre 14 et 16 ans. Or une bonne partie de leur création de valeur a lieu avant cette étape.

« Le nombre de sociétés cotées en Bourse a baissé dans les dernières décennies, réduisant d’autant les choix d’investissement. Aujourd’hui, 90 % des entreprises avec des revenus de plus de 100 millions de dollars sont privées. Si bien qu’en investissant dans les marchés publics, on ne s’expose qu’à une fraction de l’économie », souligne Ana Puric. 

Ce constat est renforcé par un degré inédit de concentration des marchés publics, les dix plus gros noms comptent désormais pour 40 % de l’indice S&P 500.  

« L’innovation se développe de plus en plus dans le secteur privé, où les capitaux sont abondants et où l’entrée en Bourse n’est plus toujours nécessaire. C’est là qu’on développe de nombreuses technologies de demain, que ce soit dans l’intelligence artificielle, l’exploration spatiale ou la défense. » 

Du point de vue des investisseurs, les marchés privés offrent plusieurs avantages structurels, comme :

  • l’accès aux premières étapes de croissance d’une entreprise,
  • la possibilité de s’impliquer en tant qu’actionnaire actif,
  • et une exposition à des sphères d’innovation introuvables sur les marchés publics.

Et alors que ces marchés étaient jadis l’apanage des grandes institutions, de nouvelles structures comme les fonds ouverts perpétuels (evergreen) les ont rendus accessibles au plus grand nombre. 

« Les marchés privés apportent une diversification qu’il n’est plus possible d’obtenir avec l’équilibre 60/40 entre actions et obligations. Nous avons constaté que dans un contexte d’inflation, celles-ci peuvent faiblir simultanément, alors que les rendements des marchés privés sont davantage liés à des critères fondamentaux comme les améliorations opérationnelles, la croissance stratégique et la création de valeur à long terme, qu’aux sentiments du marché », souligne Ana Puric. 

Côté risques, elle reconnaît que les marchés privés sont moins liquides que les placements traditionnels. Les fonds perpétuels n’offrent qu’une liquidité trimestrielle, généralement limitée à 5 % de leurs actifs nets. Les actions de sociétés privées peuvent être plus liquides. D’où l’importance de pouvoir compter sur des gestionnaires capables de construire un portefeuille adapté aux particularités de chaque investissement.

Une chose est sûre, selon l’experte : les marchés privés ont pris une importance stratégique pour les investisseurs.  

« Ce ne sont plus des choix de placements alternatifs à des fins tactiques. Ce sont désormais des véhicules essentiels pour accéder à l’ensemble de la croissance économique mondiale, accroître sa diversification et renforcer sa sécurité financière à long terme. »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicholas Ritoux

Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.