La croissance tient bon malgré l’inflation

Par Nicolas Ritoux | 26 mai 2026 | Dernière mise à jour le 21 mai 2026
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La croissance tient bon malgré l’inflation
da-kuk / iStock

La croissance mondiale se maintient grâce à une demande soutenue et des politiques stables, observe Éric Morin, chef mondial, Recherche, Gestion globale d’actifs CIBC. 

Les prix du pétrole ont reculé par rapport à leurs récents sommets, mais devraient demeurer plus élevés qu’avant le conflit en raison d’une demande toujours soutenue et de la nécessité de reconstituer les réserves épuisées, prédit Éric Morin.

Cette situation devrait, selon lui, freiner légèrement la croissance mondiale — d’environ 0,3 % au cours des douze prochains mois — sans toutefois faire dérailler l’économie mondiale, qui devrait continuer d’afficher une croissance d’environ 3 %.

« Quant à l’inflation, l’effet sera proportionnel, avec une hausse de 0,3 à 0,4 % de l’indice des prix à la consommation. Cela représente un défi pour les actifs plus risqués, mais la situation demeure gérable. D’autant plus que le contexte macroéconomique est bien différent de celui observé lors de la dernière poussée inflationniste en 2022. Cette fois, la croissance est plus faible, ce qui devrait atténuer les effets. »

L’expert s’attend à voir les banques centrales nord-américaines maintenir le cap au cours des prochains mois, tant du côté de la Banque du Canada que de la Réserve fédérale américaine (Fed).  

« L’économie canadienne tourne au ralenti, avec très peu de création d’emplois, en raison à la fois de facteurs cycliques et de problèmes démographiques structurels. Aux États-Unis également, la croissance demeure relativement faible », dit-il.  

La situation est toutefois différente en Europe et au Japon, où l’inflation demeure plus élevée en raison de leur forte dépendance au gaz naturel liquéfié, particulièrement affecté par le conflit en Iran. Selon l’expert, cette pression accrue sur les prix pourrait inciter leurs banques centrales à relever leurs taux d’intérêt.

La banque centrale australienne a d’ailleurs déjà procédé à une hausse de taux ce mois-ci, dans un contexte marqué par une inflation encore élevée et un marché de l’emploi toujours tendu.

« Si l’on se projette dans l’avenir, la Fed devrait être en mesure de réduire ses taux de 25 points de base d’ici la fin du premier trimestre de 2027, tandis que la Banque du Canada devra faire exactement l’inverse, en raison du ralentissement de l’immigration et de la transformation du marché de l’emploi. En effet, la pénurie de travailleurs qualifiés devrait s’accentuer et exercer une pression à la hausse sur les salaires », prévoit Éric Morin.

L’expert se projette désormais vers la croissance à moyen terme, soit au-delà des douze prochains mois. D’ici là, les difficultés énergétiques auxquelles font face l’Europe et du Japon devraient se résorber, ouvrant la voie à une meilleure performance de ces économies. Ces économies devraient également profiter d’une hausse des dépenses militaires ainsi que d’une rotation des investissements technologiques, jusqu’ici largement concentrés aux États-Unis et en Chine. Dans ce contexte, le dollar américain pourrait subir une pression accrue.

Dans ce contexte, l’expert continue de privilégier le secteur canadien de l’énergie, dont le potentiel de performance demeure, selon lui, loin d’être épuisé.

« Nous tablons sur une moyenne de 90 $ pour un baril de Brent au cours des quatre prochains trimestres, ce qui est très positif pour l’énergie et les actions canadiennes en général. » 

Son deuxième choix d’investissement se tourne vers la Chine, qui poursuit sa montée en gamme dans les chaînes d’approvisionnement mondiales tout en affichant un important excédent commercial. Selon lui, cette dynamique devrait avoir des retombées positives sur l’ensemble des marchés boursiers et obligataires des pays émergents.

Enfin, il met en garde contre une dévaluation éventuelle du billet vert.  

« Outre le contexte macro-économique défavorable au dollar, les États-Unis sont fortement en déficit tant du point de vue commercial que fiscal », explique-t-il.

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion globale d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.