IA : les employeurs restent confiants, les travailleurs moins

7 avril 2026 | Dernière mise à jour le 2 avril 2026
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Personne utilisant un stylet sur une tablette, avec des données numériques en surimpression.
Tippapatt / iStock

Les professionnels de la finance s’inquiètent pour leur avenir. L’intelligence artificielle (IA) se trouve en tête de leurs préoccupations, selon l’édition 2026 du sondage Workmonitor de Randstad Canada. L’étude montre une réalité à deux vitesses : là où les employeurs voient dans l’IA un outil de libération, les travailleurs y perçoivent plutôt une menace.

Menée auprès de 27 000 travailleurs et 1 225 employeurs dans 35 marchés, dont 750 répondants au Canada, l’étude montre un écart de perception entre les dirigeants et les employés. D’un côté 98 % des employeurs se disent confiants dans la croissance de leur entreprise pour la prochaine année, contre 49 % des travailleurs qui partagent cette opinion.

L’IA se trouve au cœur des divergences. Si les employeurs sont nombreux à anticiper qu’elle transformera la plupart des tâches, près de la moitié des travailleurs doutent que les gains associés à cette technologie leur profitent un jour. Malgré tout, ils manifestent une certaine ouverture : environ un employé sur deux se dit prêt à utiliser l’IA dans son rôle, notamment pour se libérer de tâches répétitives.

Ce décalage est encore plus marqué dans le secteur financier. Au Canada, les professionnels de la finance sont plus nombreux que la moyenne à estimer que leur organisation encourage l’utilisation de l’IA (74 % contre 59 % tous secteurs confondus). Ils sont également davantage à considérer que ces outils leur permettent de dégager du temps pour accomplir des tâches plus stimulantes (77 % contre 63 %).

Malgré cette adoption plus avancée, des inquiétudes persistent. Environ la moitié des professionnels canadiens de la finance interrogés jugent que leurs perspectives d’emploi se sont détériorées au cours de la dernière année en raison de l’IA, dans une proportion supérieure de 12 % à la moyenne.

Dans ce contexte, et alors que l’incertitude économique règne, le gestionnaire joue un rôle clé et s’impose comme une figure rassurante. Les professionnels de la finance sont plus nombreux (70 %) à indiquer consulter régulièrement leur supérieur immédiat pour obtenir de la validation. Ils sont aussi davantage à souligner que la haute direction encourage la collaboration au sein de leur organisation.

La vision même de la carrière évolue. Près de la moitié des professionnels de la finance disent encore aspirer à un parcours linéaire (une entreprise, des promotions régulières, un horizon prévisible). Leurs employeurs considèrent ce modèle comme dépassé, affirmant privilégier les compétences ainsi que l’expérience plutôt que la progression traditionnelle.

Du côté des conditions de travail, le salaire prime sur la sécurité d’emploi. Un salaire compétitif est non négociable pour la plupart des travailleurs du secteur financier. Par ailleurs, 45 % affirment qu’ils seraient prêts à quitter leur emploi si on leur imposait de travailler au bureau à temps plein, soit une proportion supérieure à la moyenne globale.

Plus largement, la notion de sécurité d’emploi se transforme. La fidélité à un seul employeur tout au long de la carrière devient moins courante, tandis que 36 % des travailleurs disent envisager ou occuper un deuxième emploi pour faire face à la hausse du coût de la vie.

Pour retenir les talents, l’équilibre entre travail et vie personnelle s’impose comme une priorité pour 43 % des répondants. Les employeurs en sont conscients : 70 % estiment que l’autonomie, dans l’horaire de travail comme dans le lieu, favorise l’engagement et la rétention. À l’inverse, 22 % des employés déclarent avoir déjà quitté un emploi en raison d’un manque d’autonomie.

Malgré ces vents de face, la confiance envers les employeurs demeure élevée au Canada. Environ 72 % des travailleurs affirment faire confiance à leur organisation et 74 % jugent entretenir une relation de qualité avec leur gestionnaire direct.

La diversité, notamment générationnelle, des équipes est perçue comme un atout. Une majorité d’employés affirme s’appuyer sur des collègues d’âges différents pour élargir leurs horizons, tandis que les employeurs y voient un levier de performance.

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