Éthique en IA au travail : les entreprises en parlent, mais agissent peu

Par La rédaction | 25 mars 2026 | Dernière mise à jour le 24 mars 2026
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Rendu abstrait de circuits et flux de données dans une ambiance futuriste bleu et or.
Just_Super / iStock

La majorité des entreprises canadiennes reconnaissent l’importance d’une gestion éthique de l’intelligence artificielle (IA), mais peu traduisent cette conviction en actions concrètes, révèle un rapport sur les tendances RH 2026 d’ADP Canada, réalisé auprès d’un millier d’entreprises à travers le pays.

D’un océan à l’autre, 46 % des entreprises déclarent prioriser l’éthique de l’IA, mais seulement 22 % ont adopté une politique en ce sens. Au Québec, cette tendance est plus prononcée que dans le reste du pays : plus de la moitié (56 %) des entreprises considèrent la gestion éthique de l’IA comme une priorité, mais moins du quart d’entre elles ont mis en place une politique formelle en la matière, malgré les obligations de la Loi 25.

Autre tendance observée : l’humain reste important dans le processus. À l’échelle canadienne, 80 % des entreprises estiment qu’il est essentiel de maintenir un humain dans la boucle lors de l’utilisation de l’IA. Au Québec, ce pourcentage atteint 77 %.

Les entreprises se montrent prudentes face à cette technologie, dont ils reconnaissent le potentiel, mais qui leur inspire des réserves. Près des deux tiers (64 %) précisent que la confiance envers les systèmes d’IA doit être « cultivée activement » par l’organisation.

« Qu’il s’agisse de répondre aux nouvelles exigences législatives et réglementaires sur la divulgation de l’IA ou aux besoins accrus de mise à niveau des compétences, les employeurs se trouvent à un moment charnière et doivent trouver un juste équilibre entre l’innovation et des pratiques axées sur l’humain », déclare Jim Lord, président d’ADP Canada.

CONFORMITÉ : DES OUTILS PEU EXPLOITÉS

Plébiscitée en théorie, l’IA demeure peu utilisée pour les tâches de conformité, révèle le rapport. Au Québec, 18 % des organisations y ont recours, et parmi elles, seulement 34 % font confiance à la précision des résultats obtenus. À l’échelle du pays, le taux d’utilisation est légèrement plus élevé (21 %), mais la confiance ne dépasse pas 51 %.

Signe que cette tendance n’est pas près de s’inverser, parmi les entreprises qui n’utilisent pas encore l’IA en matière de conformité, seulement 10 % envisagent de le faire à court terme. Selon le rapport, la protection des données personnelles demeure le principal défi de conformité pour les organisations québécoises.

Par ailleurs, si les entreprises canadiennes sont majoritairement convaincues que l’IA est essentielle à leur compétitivité, l’investissement en capital humain tarde à suivre, indique le rapport. Rares sont les organisations qui priorisent le recrutement de candidats possédant des compétences en IA. Au Québec, cette proportion est plus faible que la moyenne nationale. À ce sujet, le rapport suggère que les entreprises auraient intérêt à miser davantage sur le développement des compétences en IA au sein de leurs équipes existantes plutôt que de chercher à recruter ces profils à l’externe.

Malgré tout, l’IA suscite un intérêt croissant chez les dirigeants en matière de gestion des talents. Selon le rapport, 47 % des entreprises croient qu’elle peut contribuer au perfectionnement des compétences, 40 % la considèrent comme un outil pouvant faciliter l’intégration et les départs d’employés, et 38 % envisagent de l’utiliser pour attirer et fidéliser les talents.

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La rédaction