Une fintech de Calgary lance un stablecoin adossé au dollar canadien

Par Jonathan Got | 29 mai 2026 | Dernière mise à jour le 28 mai 2026
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Une fintech de Calgary lance un stablecoin adossé au dollar canadien
Vertigo3d / iStock

La société Tetra Trust, établie à Calgary, a lancé ce qu’elle affirme être le premier stablecoin adossé au dollar canadien émis par une institution financière, ajoutant ainsi une nouvelle solution canadienne aux monnaies numériques libellées en dollars américains largement utilisées pour les paiements et les règlements.

Le Treasury Board and Finance de l’Alberta a approuvé plus tôt ce mois-ci le stablecoin CADD, émis par Tetra. Cette approbation survient quelques mois après que Stablecorp Digital Currencies eut obtenu l’autorisation de lancer son propre stablecoin canadien, baptisé QCAD.

Tant CADD que QCAD sont adossés à des réserves de dollars canadiens détenues au Canada selon un ratio de 1 pour 1.

Des institutions financières et entreprises technologiques canadiennes telles que Tetra Digital Group, Urbana, Wealthsimple, Purpose Unlimited, Shakepay, ATB Financial, Banque Nationale du Canada et Shopify figurent parmi les investisseurs de Tetra et les détenteurs de CADD.

« Tous voyaient des cas d’usage potentiels dans leur environnement, explique Didier Lavallée, fondateur et chef de la direction de Tetra Digital Group, en entrevue. Ils souhaitaient déployer des stablecoins ou utilisent déjà des stablecoins libellés en dollars américains et cherchent maintenant à intégrer un jeton canadien. »

Selon plusieurs experts, les stablecoins constituent un élément clé du règlement en temps réel des actifs financiers tokenisés et pourraient également permettre d’améliorer l’efficacité opérationnelle des institutions financières.

À l’heure actuelle, la majorité des transactions en stablecoins à l’échelle mondiale servent à des règlements entre entreprises, a indiqué Didier Lavallée.

À l’avenir, les stablecoins pourraient devenir la couche de règlement des actifs financiers tokenisés, comme les actions et produits dérivés tokenisés, a récemment soutenu Soumak Chatterjee, associé spécialisé en paiements et actifs numériques chez Deloitte Canada, en entrevue avec Investment Executive.

« Si les stablecoins sont adoptés à grande échelle comme mécanisme de transfert de valeur et d’argent, cela permettra soudainement de libérer de la liquidité », a-t-il affirmé.

Les actifs tokenisés mettent de l’avant les avantages du règlement instantané, mais celui-ci demeure impossible tant que les transactions continuent d’être effectuées en monnaie fiduciaire traditionnelle, a souligné Didier Lavallée. Les stablecoins permettront aux actifs tokenisés d’être réglés en temps réel.

« C’est la porte d’entrée vers toute la tokenisation, parce que la couche de règlement sera essentielle », a-t-il dit.

DES GAINS D’EFFICACITÉ POUR LES TRÉSORERIES

Les stablecoins pourraient également améliorer l’efficacité des opérations de trésorerie et accélérer les règlements des institutions financières qui effectuent régulièrement d’importantes transactions.

Actuellement, les institutions financières doivent immobiliser des liquidités durant la nuit afin de régler leurs opérations avec d’autres institutions et avec la Banque du Canada. L’achat d’obligations gouvernementales ou de fonds négociés en Bourse nécessite aussi une journée complète de règlement, rappelle Didier Lavallée.

« Il y a toujours une portion du capital qui n’est pas parfaitement positionnée, et c’est une activité assez pénible », indique-t-il.

Lorsque de grandes institutions doivent régler des milliards de dollars pendant de longues fins de semaine, ce capital demeure inutilisé et ne génère aucun rendement, ajoute Didier Lavallée. Les stablecoins pourraient rendre les cycles de trésorerie plus efficaces et permettre à chaque dollar d’être déployé immédiatement.

Même s’il existe déjà de nombreuses plateformes permettant de convertir des stablecoins et des monnaies fiduciaires entre différents pays, l’interopérabilité à l’intérieur même du marché canadien demeure un défi.

Selon Didier Lavallée, les clients acceptent généralement de payer des frais de conversion de devises, mais l’échange entre stablecoins libellés dans une même monnaie devrait être gratuit.

Cette question deviendra encore plus importante à mesure que les stablecoins canadiens dépasseront le cadre de CADD et QCAD ; l’industrie devra alors trouver une façon de rendre ces échanges domestiques pleinement fonctionnels.

« Il s’agit d’un problème de fongibilité, soutient-il. Si l’on adhère au concept selon lequel il s’agit d’argent numérique, il ne devrait pas y avoir de frais de transaction. […] Personne dans cet écosystème n’accepterait d’échanger un dollar contre quatre pièces de vingt-cinq cents en payant des frais. »

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Jonathan Got

Jonathan Got est journaliste pour Investment Executive.