L’audit malmené par les risques émergents

Par La rédaction | 25 mai 2026 | Dernière mise à jour le 22 mai 2026
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L’audit malmené par les risques émergents
zhuweiyi49 / iStock

Multiplication des risques et explosion des volumes de données : face à ces changements, les auditeurs se retrouvent en première ligne pour garantir la qualité, la clarté et la crédibilité des états financiers.

Une mission de plus en plus complexe à mener à bien, ont souligné récemment les participants d’une table ronde réunissant régulateurs, dirigeants de cabinets d’audit, organismes professionnels et normalisateurs.

Les audits d’états financiers sont essentiels à la crédibilité des marchés financiers. Toutefois, la montée de risques émergents exige une adaptation rapide des pratiques, ont insisté les participants, dont le Bureau des institutions financières (BSIF), le Conseil canadien sur la reddition de comptes (CCRC) et les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM).

« Des audits de haute qualité sont essentiels à un système financier sûr et stable », a rappelé Peter Routledge. Selon lui, la collaboration est essentielle pour maintenir la transparence et la fiabilité de l’information financière, et pour que le système financier demeure résilient.

Parmi les risques émergents, l’intelligence artificielle (IA) transforme en profondeur de nombreuses pratiques du secteur. L’audit n’est pas épargné. En matière de vérification des états financiers, l’IA permet d’analyser rapidement d’importants volumes de transactions et de réaliser des gains d’efficacité. Cependant, l’IA introduit aussi de nouveaux risques au niveau de la fiabilité des données, la compréhension des algorithmes et la cybersécurité. Pour y faire face, le jugement humain reste le bouclier ultime, considèrent les participants, qui prônent une formation accrue des équipes en place doublée d’une surveillance renforcée pour déjouer les failles de l’IA.

Les crimes financiers gagnent quant à eux en complexité et deviennent plus difficiles à détecter. Les technologies avancées utilisées par les fraudeurs rendent certaines approches traditionnelles moins efficaces pour prévenir les fraudes. La réponse passe par des outils de détection plus dynamiques, capables d’intervenir en temps réel, ainsi que par une analyse pointue des données. Le scepticisme professionnel, la culture d’intégrité et le ton donné par la direction sont également des armes efficaces dans cette lutte.

L’instabilité géopolitique accentue par ailleurs les défis des professionnels de l’audit. Dans un univers volatil, évaluer les actifs devient une tâche plus complexe et les auditeurs doivent composer avec un niveau d’incertitude plus élevé que jamais. La dépendance croissante à des tiers, tels que des sous-traitants ou fournisseurs technologiques, ajoute une couche de complexité à l’analyse de l’information financière.

L’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les rapports financiers donne également du fil à retordre aux professionnels de l’audit. Les attentes en matière de divulgation augmentent, mais les normes et les pratiques restent à définir.

Dans ce contexte, les enjeux de gouvernance, de culture et d’éthique prennent une importance inédite. Des lacunes dans ces domaines peuvent compromettre la qualité des audits et fragiliser la confiance du public, ont souligné les intervenants.

Une supervision rigoureuse, une reddition de comptes transparente et un jugement éthique solide sont essentiels, au même titre qu’une collaboration renforcée entre régulateurs et les professionnels de l’audit afin de clarifier les attentes, réduire les chevauchements réglementaires et mieux cibler les risques prioritaires.

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La rédaction