Fraudes numériques : le Canada dans la mire des cybercriminels

Par La rédaction | 22 mai 2026 | Dernière mise à jour le 22 mai 2026
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Fraudes numériques : le Canada dans la mire des cybercriminels
id-work / iStock

La fraude numérique continue de coûter cher aux Canadiens — et pas seulement financièrement. Selon un nouveau rapport de TransUnion, les consommateurs au pays demeurent plus exposés que la moyenne mondiale aux tentatives de fraude en ligne, alors que les cybercriminels misent de plus en plus sur l’usurpation d’identité, l’hameçonnage et la prise de contrôle de comptes pour contourner les systèmes de sécurité.

L’étude, qui combine un sondage mené auprès de 12 730 consommateurs dans 18 pays et régions en plus de l’analyse de milliards de transactions numériques, révèle que le taux de tentatives de fraude numérique présumées au Canada a atteint 4,4 % en 2025, comparativement à une moyenne mondiale de 3,8 %.

Même si ce taux est en légère baisse par rapport à 2024, il demeure supérieur aux niveaux observés ailleurs dans le monde.

Les conséquences pour les consommateurs sont bien réelles : 13 % des Canadiens interrogés ont affirmé avoir perdu de l’argent à la suite d’une fraude numérique au cours de la dernière année, avec une perte médiane de 1 301 $.

L’AUTHENTIFICATION, LE MAILLON FAIBLE

Au Canada, le risque de fraude culmine à l’étape de la connexion au compte. En 2025, 14,2 % des tentatives d’authentification étaient soupçonnées d’être frauduleuses, soit plus de trois fois la moyenne mondiale de 4,3 %. Ce chiffre traduit une montée en puissance des attaques automatisées qui exploitent des identifiants volés ou obtenus par hameçonnage pour prendre le contrôle de comptes existants.

Le rapport souligne que les cybercriminels utilisent des méthodes de plus en plus personnalisées et sophistiquées, souvent alimentées par l’intelligence artificielle, pour pousser leurs victimes à divulguer des renseignements sensibles.

Les fraudes liées aux cartes de crédit et aux transactions frauduleuses figurent en tête des pertes déclarées par les Canadiens victimes de fraude numérique. Elles représentent 26 % des cas signalés, un taux supérieur à la moyenne mondiale de 19 %.

Les escroqueries impliquant des vendeurs tiers sur des plateformes de commerce électronique arrivent ensuite avec 22 %, suivies des prises de contrôle de comptes à 21 %.

DES CIBLES DIVERSIFIÉES

Certains secteurs connaissent une forte hausse des activités frauduleuses. Les plateformes communautaires — comme les forums et les sites de rencontres — affichent le taux de fraude présumée le plus élevé au Canada, à 11,9 %. Le volume de fraudes y a bondi de 63 % en un an.

Les jeux vidéo suivent de près avec un taux de 11,7 % et une augmentation annuelle de 53 %. Les plateformes de jeux d’argent en ligne complètent le trio de tête avec un taux de fraude de 10,9 %.

Le rapport explique que ces environnements numériques favorisent les interactions sociales rapides et anonymes, ce qui en fait des terrains propices aux faux profils, aux escroqueries et aux tentatives d’usurpation d’identité.

À l’inverse, certains secteurs ont enregistré des améliorations notables. Le volume de fraudes présumées a reculé de 73 % dans le commerce de détail en ligne, de 62 % dans la logistique et de 32 % dans les services financiers.

LA SÉCURITÉ DES DONNÉES

Au-delà des pertes financières, l’étude montre que la sécurité des données personnelles influence désormais directement les choix des consommateurs. Près de la moitié des Canadiens interrogés considèrent la protection des données comme le principal critère dans le choix d’une entreprise en ligne.

Plus encore, 78 % des répondants affirment que la confiance envers la sécurité des données personnelles est « très importante » lorsqu’ils choisissent avec qui faire affaire sur le Web.

« Les Canadiens envoient un signal clair : la confiance et la sécurité des données sont désormais au cœur de chaque interaction numérique », affirme Andrew Sigfrid, directeur de l’analyse des fraudes chez TransUnion Canada.

Selon lui, les organisations ne peuvent plus traiter la cybersécurité comme un simple enjeu technique ou réglementaire. « La protection des données personnelles est désormais une attente fondamentale et un facteur de différenciation important pour gagner et conserver la confiance des consommateurs dans une économie de plus en plus numérique », ajoute-t-il.

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La rédaction